Introduction
Les abeilles africaines sont originaires du continent africain et jouent un rôle fondamental dans la pollinisation ainsi que dans la production de miel. L’Afrique abrite plusieurs sous espèces d’abeilles domestiques, notamment Apis mellifera adansonii, Apis mellifera capensis, Apis mellifera intermissa, Apis mellifera lamarckii, Apis mellifera monticola et Apis mellifera scutellata. Au-delà de leur contribution à la sécurité alimentaire grâce à la pollinisation des cultures, elles assurent également les moyens de subsistance de plus de dix millions de personnes à travers le continent.
Comment est né le récit des « abeilles tueuses »
L’expression « abeilles tueuses » s’est popularisée dans les médias après l’introduction de Apis mellifera scutellata (abeille africaine des basses terres de l’Est) au Brésil en 1956. L’objectif était d’améliorer la production de miel. Cependant, après leur échappement des installations de quarantaine et leur croisement avec des abeilles européennes, plusieurs incidents liés à des piqûres ont été signalés. Même si ces abeilles présentent un comportement plus défensif, leur réputation a été largement amplifiée par le traitement médiatique, qui a souvent exagéré les risques réels. Il est important de rappeler qu’avant l’introduction de Apis mellifera scutellata, d’autres espèces comme l’abeille noire européenne (Apis mellifera mellifera) pouvaient également provoquer des incidents graves, notamment en cas de piqûres multiples ou de réactions allergiques.
Pourquoi il faut mettre fin à cette idée reçue
L’étiquette « abeilles tueuses », encore relayée aujourd’hui, réduit leur comportement à une image alarmiste qui entretient une peur injustifiée. Cette perception a découragé de nombreuses personnes, particulièrement les jeunes, de se lancer dans l’apiculture. Pourtant, des pratiques apicoles durables permettent de limiter considérablement les risques, et certaines sous espèces comme Apis mellifera adansonii présentent des colonies au comportement plus calme. Le secteur offre en outre un important potentiel de création d’emplois et pourrait contribuer à réduire le chômage qui touche une partie significative de la population africaine.
Conclusion
Il est temps d’abandonner l’expression trompeuse et anxiogène d’« abeilles tueuses ». Les abeilles africaines ne sont pas les créatures dangereuses qu’elles ont longtemps été présentées comme étant. Elles sont au contraire indispensables à nos écosystèmes, à la sécurité alimentaire et aux moyens de subsistance de millions de personnes. En valorisant leur véritable rôle et en encourageant davantage de jeunes à pratiquer l’apiculture, l’Afrique peut créer des opportunités économiques tout en soutenant un développement durable.
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