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A teacher helping an autistic learner. Photo credit - AI Generated

Autisme, communication et inclusion dans les salles de classe africaines

Introduction

Dans une salle de classe gouvernementale bondée à Gaborone, quarante élèves récitent leurs réponses à l’unisson tandis que l’enseignante avance rapidement dans la leçon. « Qui peut expliquer le sens du passage ? » demande-t-elle. Les mains se lèvent aussitôt. Au fond de la classe, un élève évite le contact visuel et trace des formes sur le bureau en bois avec son doigt. Il comprend l’histoire mieux que beaucoup de ses camarades, mais son silence est interprété comme une incapacité. Dans cette salle de classe, la participation est comprise à travers la parole. Cet article remet en question l’idée selon laquelle le langage équivaut à la parole et examine comment les systèmes éducatifs africains privilégient l’expression verbale, excluant souvent les apprenants autistes.

 

Repenser la communication

Dans une classe spécialisée à Nairobi, un élève qui parlait rarement pouvait résoudre des puzzles et organiser des histoires complexes en images, pourtant les enseignants le considéraient comme « inactif » parce qu’il ne répondait pas verbalement. Son intelligence existait en dehors du langage privilégié par la salle de classe. Cela reflète un problème plus large dans de nombreux systèmes éducatifs africains, où la parole et l’écriture sont considérées comme les principales mesures de la compréhension. Les apprenants atteints de troubles tels que le trouble du spectre de l’autisme peuvent comprendre profondément tout en ayant des difficultés avec l’expression verbale. Ironiquement, les sociétés africaines utilisent depuis longtemps les récits, les symboles, les chants, les gestes et la mémoire collective pour transmettre les connaissances, mais l’éducation moderne valorise souvent uniquement les formes parlées et écrites.

 

L’exclusion des apprenants neurodivergents

Dans de nombreuses salles de classe africaines, la participation favorise l’extraversion et les interventions orales. Les élèves sont censés parler, maintenir un contact visuel et répondre rapidement. Le silence est souvent associé au manque de respect ou à l’incompréhension. Dans certaines écoles kenyanes, les élèves sont évalués sur leur « participation en classe », une catégorie fortement liée à la prise de parole en anglais. Pour les apprenants autistes qui traitent le langage différemment ou ressentent de l’anxiété lors des interactions verbales, cela crée une barrière invisible à la réussite. Le résultat n’est pas seulement une exclusion scolaire, mais aussi l’effacement silencieux d’élèves dont l’intelligence s’exprime différemment.

 

Stratégies pratiques d’inclusion

Dans les salles de classe africaines disposant de peu de ressources, l’inclusion dépend souvent davantage de l’adaptabilité que d’interventions coûteuses. Des soutiens structurés tels que des emplois du temps visuels, des routines prévisibles et des évaluations flexibles permettent aux apprenants autistes de participer et de démontrer leur compréhension au-delà des réponses orales. Les élèves peuvent communiquer à travers des dessins, des exercices d’association, des gestes ou des outils d’assistance. En Ouganda et en Tanzanie, certains enseignants travaillant dans des classes surchargées ont improvisé des aides à la communication à l’aide de matériaux disponibles localement, comme du papier manille, des dessins et des symboles plastifiés. Ces adaptations simples aident les apprenants à exprimer leurs besoins, leurs émotions et leur compréhension sans dépendre uniquement de la parole. Les salles de classe inclusives ne nécessitent pas des infrastructures coûteuses, mais de la flexibilité, de la créativité et la volonté de reconnaître différentes façons d’apprendre.

 

Repenser la participation en classe

L’inclusion ne peut pas dépendre uniquement des efforts individuels des enseignants dans des systèmes déjà surchargés. À travers l’Afrique, la neurodiversité reste largement absente des programmes de formation des enseignants, laissant les éducateurs s’appuyer sur des suppositions concernant la discipline, l’intelligence et la communication. Les ministères de l’Éducation et les instituts de formation des enseignants peuvent commencer par des réformes peu coûteuses : intégrer la neurodiversité dans la formation des enseignants, encourager une participation flexible en classe et soutenir des approches d’apprentissage multilingues et multimodales. L’inclusion progresse lorsque les écoles valorisent la communication à travers l’écriture, les supports visuels, les gestes et les dispositifs d’assistance, réduisant ainsi l’isolement des apprenants neurodivergents.

 

Conclusion

Lorsque les systèmes éducatifs africains valorisent la communication au-delà de la parole, les salles de classe deviennent plus inclusives, reconnaissant différentes façons de penser et de s’exprimer. Des soutiens flexibles et des méthodes d’évaluation adaptées favorisent une participation équitable et éloignent l’éducation des pratiques excluantes.

Grace Anyango Ouma

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