Introduction
Les programmes d’alimentation scolaire existent dans une grande partie de l’Afrique subsaharienne avec un objectif clair : permettre aux enfants souffrant de la faim de rester à l’école, améliorer leur concentration et alléger le poids financier des familles. L’intention est louable. Pourtant, dans trop de pays, la mise en œuvre ne suit pas. Ce qui devrait être un filet de sécurité pour les élèves vulnérables est devenu un système marqué par l’irrégularité, la mauvaise gestion et parfois la corruption, laissant certains enfants avec des repas insuffisants, de mauvaise qualité ou aucun repas.
Sous financés et trop ambitieux
Dans plusieurs pays africains, les programmes d’alimentation scolaire manquent de ressources par rapport au nombre d’enfants concernés. Les allocations quotidiennes par enfant sont parfois si faibles que les repas proposés sont à peine nutritifs. Une bouillie sans protéines, du riz sans légumes ou un simple morceau de pain ne suffisent pas à soutenir l’apprentissage. Les gouvernements annoncent ces programmes, mais ne maintiennent pas toujours les financements nécessaires à leur fonctionnement.
Les chaînes d’approvisionnement posent également problème. Les livraisons vers les écoles rurales sont souvent retardées, réduites ou inexistantes. Les enseignants doivent parfois préparer les repas en plus de leurs tâches pédagogiques, sans soutien supplémentaire. Dans les écoles pauvres en ressources, les cuisines sont inadéquates, les espaces de stockage inexistants et les aliments peuvent se détériorer avant leur utilisation.
Où va réellement l’argent ?
Dans plusieurs cas documentés en Afrique de l’Ouest, de l’Est et australe, des fonds destinés à l’alimentation scolaire ont été détournés avant d’atteindre les enfants. Les procédures de passation des marchés peuvent être manipulées au profit de fournisseurs privilégiés, qui livrent des produits de qualité inférieure ou en quantité réduite. Des fonds peuvent également être prélevés à différents niveaux de la chaîne administrative.
Les familles concernées disposent souvent de peu de moyens pour signaler ces problèmes ou demander des comptes. Les communautés rurales ont notamment un accès limité aux institutions capables d’enquêter ou d’intervenir. Le système perdure parce que ceux qui en subissent les conséquences ont le moins de pouvoir pour le changer.
La nutrition n’est pas facultative dans l’éducation
Un enfant qui a faim a du mal à se concentrer, à retenir les informations et à participer pleinement aux apprentissages. Les recherches montrent que les programmes d’alimentation scolaire, lorsqu’ils sont correctement financés et gérés, améliorent la fréquentation scolaire, réduisent les abandons et favorisent les performances académiques.
Conclusion
L’Afrique n’a donc pas seulement un problème d’alimentation scolaire. Elle fait face à un problème de responsabilité et d’exécution. La solution passe par des procédures d’achat transparentes, un contrôle communautaire de la distribution et de véritables sanctions contre ceux qui utilisent les repas des enfants à des fins personnelles. Les enfants dans ces salles de classe ne sont pas une ligne budgétaire. Ils sont l’avenir dans lequel ces programmes prétendent investir.
Médias sociaux : https://www.facebook.com/ApolloGuile

Comments are closed.