Lève la tête ! Vois comme se couche à l’horizon le soleil,
Une aurore boréale, sur le lit, s’éveille,
Comme s’en vient la nuit avec les ténèbres,
Le jour, armé de l’éclat de la lumière, s’élève pour vaincre.
Ce qu’enseigne la nature, mue par une force incréée,
Résonne en écho en tout homme, vibre de vie, coule et fuit vers l’incréé,
L’espérance sans actions, apprend-on, est une douce hérésie,
Indolente et maladroite, qui porte tout en déni.
Je suis un géant, vaste, encore inconquis du fruit de mes entrailles,
Ce que je porte dans la douleur de l’enfantement est un signe de triomphe,
Je suis un géant, dont les pieds chaussés, engouffrés dans les abîmes, travaillent,
Au salut de ce qui vient : un arc de triomphe.
Vois ! À perte de vue Par-delà les mers et cieux, là où s’arrête ta vue,
Mes innombrables fils et filles, bercés par l’illusion d’une liberté tronquée,
Aspirent à la demeure édénique, les yeux habillés de lentilles à unique vue,
Jadis rois et reines, ils réapprennent que le nombre seul ne fait le pouvoir de la cité.
La force n’a de part au butin sans l’autorité et,
La véritable faiblesse est celle qui déshumanise, asservit et avilit l’autre.
Servile et docile, je me repais de l’effroyable amitié,
Que sur des tisons enjolivés, l’on m’offre avidement : le salut damné de l’autre.
La malice est dans les yeux comme dans les cœurs,
L’on s’élève soit pour dominer et détruire soit pour élever et construire,
Que pour mes ouailles, j’ose, si aujourd’hui s’oppose à hier, rompre leurs mœurs,
Déployer l’armada, mes fils et filles unis, briser le mythe de l’ailleurs le détruire.
Je viens, volontaire, chargé de mon histoire, enseigner au monde, ma grandeur,
Espérer dans le recueillement des leçons douloureusement apprises de mon histoire,
Transmettre l’héritage du bel amour du partage, de la vraie liberté des corps, des esprits et des cœurs,
A ma descendance, réapprendre la confiance volée : signe d’une culture éteinte noire.
Je me meurs quand je t’accuse – Je suis mon bourreau quand je récuse,
Alors que meurent sous mon propre courroux,
Ceux et celles qui m’ont porté en triomphe. A cela, je m’y refuse !
Mon salut est ici ! Arraché dans la douleur aujourd’hui – demain à mon palais il sera doux !
Description du poème
Le poème célèbre la grandeur de l’Afrique et appelle à l’unité pour son développement fondé sur le respect de la vie et de la dignité. Il critique les gouvernances défaillantes et l’héritage postcolonial, tout en dénonçant le désespoir des jeunes, et invite à une action collective pour le relèvement du continent.
