Introduction
Les pays africains sont en proie à une insécurité grandissante depuis 2010 due à des attaques terroristes. Particulièrement au Sahel, les pays tels que le Mali, le Burkina Faso…, aux démocraties fragiles, sont fortement éprouvés. Cette situation pose un dilemme à ces pays : la sécurité d’abord avant de penser à la démocratie ou alors l’inverse. Pour certains, le choix est clair : il faut régler la question sécuritaire en priorité avant de penser à la démocratie. Mais, la question sécuritaire prime-t-elle vraiment sur la démocratie ? Ne faut-il pas au contraire instaurer la démocratie pour rétablir la sécurité ?
La question sécuritaire
Un État (du latin stare, qui se tient débout, stable) se caractérise par la paix qui règne en son sein. Sa mission est d’assurer par la force publique la paix et la sécurité de ses membres. Pourtant, les données actuelles sur la situation au Sahel sont plus qu’alarmantes malgré les récents progrès (des milliers de morts dont des soldats et supplétifs de l’armée, des civils entraînant des déplacés internes). L’insécurité se présente donc comme une menace à la survie même de l’Etat. Parce qu’il n’y pas de démocratie dans la guerre, on comprend pourquoi certains Etats mobilisent tous les moyens pour garantir l’intégrité du territoire national. Et cela passe souvent par certaines restrictions de libertés et droits du citoyen.
La démocratie, essentielle pour une paix durable
S’il est vrai que la paix est essentielle à un tout Etat, la paix à tout prix n’est pas souhaitable. Bâtir une paix sur les ruines de la démocratie serait aussi suicidaire en ce sens que ce serait un « raccourci » (shortcut) qui crée des frustrations, terrain favorable à la radicalisation. Il ne s’agit pas ici d’une démocratie formelle mais celle qui se traduit dans les actions politiques. De ce fait, la liberté et l’égalité, valeurs chères à la démocratie, interdisent toute entorse aux droits fondamentaux de quelques citoyens pour le bien-être des autres, majoritaire soient-ils. Chaque citoyen a droit à la vie. De façon concrète, aucune atteinte aux droits élémentaires du citoyen ne peut être justifiée, même au nom de la sécurité. Dans ce sens, la quête de la sécurité dans l’État doit tenir compte de la démocratie pour être juste. Autrement dit, seule la loi doit définir les limites de l’usage de la force publique.
Conclusion
En somme, la démocratie et la sécurité ne sont pas opposées : combattre le terrorisme par des moyens non-, voire anti-démocratiques, c’est semer les germes de la haine qui alimenteront par la suite le terrorisme. Pour éviter ce cercle vicieux, il faut plutôt combattre démocratiquement le terrorisme. De toute évidence, une telle méthode est lente et longue mais plus sûre. Ainsi, dans la vie, comme en politique, no shortcuts !
