Elle s’appelle Aunty Bell
De défaut, elle n’a que d’être belle
Beauté dans les champs, que même nature révère
Tel du nectar irrésistible, ivres, les hommes vaincus déblatèrent
C’est une volupté calibrée, ennemie enjôleuse de toute impassibilité
On l’appelle Aunty Bell
D’amour et d’union, au-delà des entrailles, d’austères belles
Ici, s’unir c’est une promesse qui transcende même la mort,
Familles, tribus, clans et traditions sont à bord
O quel chemin hargneux est le sien !
Son nom est Aunty Bell
Douloureuse, elle n’est plus une maniérée demoiselle
Ici, l’heure du trépas est un glaive qui vomit la vérité
O impétueux vent, invisibles masques tu arraches à la dérobée !
Aunty Bell n’est plus son nom
Au soir, brisent le silence, des clameurs d’un nouveau surnom
Eclats de deuil – voix acérées et imprécations – lacération d’une âme esseulée
Cycle avilissant d’une tradition sans humanité
On ne l’appelle plus Aunty Bell,
On la surnomme la veuve noire
Aunty Bell n’est plus belle
Ombre obscure intemporelle – Ami de sombres déboires
O Tradition ou injustice ? où est ta victoire !?
Description du poème
Le poème « Aunty Bell : chronique d’une autodérision » explore la finesse de nos traditions et le chaos social, sociétal, spirituel, psychologique et mental qu’elles engendrent parfois au sein des communautés, et plus particulièrement sur les femmes. Si la nécessité de la préservation de nos traditions reste une évidence, leur pratique ne saurait être pérenne et doive disparaitre tant qu’elle désacralise l’humain. Au nom de la tradition, des milliers de femmes veuves, souffrent à travers l’Afrique, sans recours, et des façons les plus inhumaines qui soient. C’est ce que tente de décrier ce poème. La tradition, comme la loi sont au service de l’homme et ne devraient jamais s’en trouver inversement !
