Introduction
Le point de départ des Droits de l’Homme est difficile à déterminer. A ce jour, aucun spécialiste n’a pu établir à quand est ce que remontent les Droits de l’Homme. Cependant, il est constant que ces droits, tels que considérés aujourd’hui, ont toujours existé dans toutes les sociétés humaines. Ils sont intrinsèquement liés à l’existence même de l’être humain. Plusieurs doctrinaires comme Dr Kiara Neri soulignent l’existence de textes de droits de l’homme datant de l’antiquité à nos jours. En Afrique, la charte de kurukan-fuga, appelée aussi la constitution de l’empire Mandingue, adoptée au XIIIème Siècle dans l’actuelle République du Mali, en est une illustration universellement reconnue.
La charte de Kurukan – Fuga, instrument juridique de droits de l’Homme ?
La charte de Kurukan – Fuga a été adoptée par les représentants du Mandé (Empire Mandingue dirigé par Soundjata KEITA) après l’historique bataille de Kirina en 1236 (XIIIème siècle) à Kurukan-Fuga. Elle a été adoptée sous forme orale et de serment.
Cette charte s’inscrit dans la catégorie des instruments juridiques de droits de l’Homme « non – contraignants ». Elle ne constitue ni un texte constitutionnel, législatif ou réglementaire ni un traité. Cependant, plusieurs de ses dispositions ont continué, dans le temps, à inspirer nombre d’instruments juridiques de droits de l’homme. La charte est une référence emblématique africaine en matière de droits de l’Homme.
La charte de Kurukan-Fuga, un texte historique contemporain des droits de l’Homme
La charte de kurukan-fuga dans plusieurs de ses dispositions fut un texte révolutionnaire au XIIIème siècle. A l’instar des textes actuels de droits de l’Homme, elle a consacré la sacralité de la vie humaine (Article 5), les droits à la préservation de l’intégrité physique (article 5), à l’éducation (article 9), à la propriété (articles 31, 32, 33, 34, 35 et 36), au travail (article 6), à la protection et à la participation des femmes aux gouvernements (articles 14, 15, 16), à la protection de l’environnement (articles 37, 38 et 39) etc. Elle a aussi humanisé l’esclavage à défaut de l’abolir (article 20).
Conclusion
Il importe que les gouvernements et les institutions du continent œuvrent à vulgariser et à promouvoir davantage ce texte historique qui a résisté au temps et aux mutations de l’histoire.
