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Remettre en question l’idéologie orthodoxe du genre dans le sport : briser les barrières pour l’inclusion et l’égalité

Introduction

Les statistiques sportives les plus récentes de l’Afrique du Sud montrent que la base de supporters des Banyana Banyana s’est considérablement élargie à la suite de leur victoire au WAFCON et de leur performance à la Coupe du Monde de la FIFA 2023. On ne peut toutefois pas en dire autant d’autres pays du Moyen-Orient, comme le Yémen, l’Iran et l’Arabie saoudite, où la pratique du sport par les femmes est toujours interdite et qualifiée de « haram » dans la terminologie islamique.

 

Qu’est-ce que l’idéologie orthodoxe du genre ?

« Le sport est l’idéologie orthodoxe du genre », affirme Jay Coakley, auteur de Sociologie du sport.  Cette idéologie repose sur l’idée que certains sports sont fondamentalement mieux adaptés aux hommes ou aux femmes en raison de caractéristiques physiques, psychologiques ou sociétales stéréotypées. Cette perspective maintient des rôles de genre rigides et décourage la participation ou la reconnaissance des personnes qui diffèrent de ces normes. Mandisa Ntombela, joueuse de football à l’université de KwaZulu-Natal, a déclaré que les citoyens et les journalistes peuvent se contenter d’observer, d’écrire et d’oublier les sports féminins, mais que pour les femmes, il n’est pas facile d’accepter et de passer à autre chose. Elle a ajouté que les femmes sont toujours en guerre contre elles-mêmes et contre les idéologies de la société ; elles se battent toujours pour leur place dans l’industrie du sport. 

 

Inégalités entre le football masculin et le football féminin

L’une des inégalités, malgré leur talent et leur dévouement, est l’écart de rémunération considérable entre les sports pratiqués par les hommes et les femmes. Lors de la Coupe du monde de la FIFA 2010, les Bafana Bafana ont gagné plus de 2 millions de dollars pour leur seule participation, alors que leurs homologues féminines n’ont reçu que 1,1 million de dollars, mais ont réussi à se qualifier pour les huitièmes de finale. Les Banyana Banyana ont donc refusé de jouer le match d’envoi contre le Botswana. L’équipe a exigé un meilleur stade ainsi que le soutien et l’engagement du gouvernement pour le bien-être de l’équipe, le personnel, de meilleures conditions de santé, ainsi que la transparence et la responsabilité en termes de signature de contrat. En revanche, l’Ouganda a été très critiqué lorsqu’il a décidé de ne pas envoyer son équipe féminine de moins de 20 ans à la Coupe du monde féminine de la FIFA 2015. Cette décision a soulevé de nombreuses préoccupations quant au rôle du gouvernement dans le soutien au sport féminin en Afrique.

 

Préjugés, préjugés culturels et discrimination fondée sur le sexe

Les préjugés et les partis pris culturels peuvent entretenir l’idée que les sports féminins sont moins passionnants, moins compétitifs ou moins utiles que les sports masculins. Ces préjugés peuvent affecter les décisions prises par les organisations médiatiques. Par exemple, l’IOL a publié une déclaration selon laquelle la South African Broadcasting Corporation n’avait pas d’argent pour acheter les droits de diffusion de la Coupe du monde de football féminin de 2019 en France, alors que la Coupe du monde de football masculin de 2018 n’avait jamais connu ce problème. La décision de ne pas autoriser les athlètes transgenres et intersexes à concourir a suscité des critiques de la part de plusieurs organisations, qui accusent le président de Global Athletics d’avoir cédé aux forces politiques plutôt que de défendre ses valeurs fondamentales, qui incluent l’inclusion, la diversité, l’équité et la non-discrimination à l’égard des athlètes qui s’identifient comme transgenres et intersexes.

 

Conclusion

Le sport peut et doit être un lieu où chacun, indépendamment de son identification sexuelle ou de ses attentes culturelles, peut se réaliser et s’épanouir. Remettre en question les idéologies traditionnelles en matière de genre dans le sport est la première étape vers la création d’un terrain de jeu plus inclusif et plus égalitaire. En faisant tomber ces barrières, nous pouvons construire une atmosphère sportive dans laquelle chacun se sent accepté, apprécié et libre de poursuivre ses objectifs sportifs.

 

Lungelo Ngongoma

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