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Qu’est-ce que c’est la clitoridectomie ?

Dans les pays en Afrique du Nord et de l’Est, la forme la plus grave de circoncision féminine, la clitoridectomie, est encore largement pratiquée. L’origine de cette pratique reste inconnue. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), il existe quatre types de clitoridectomie. La forme la plus commune de cette pratique est la ‘circoncision pharaonique’, qui implique de retirer les organes génitaux extérieurs et de recoudre l’ouverture du vagin. Il ne reste qu’une petite ouverture pour le passage d’urine et du sang menstruel. Pendant la procédure, la fille peut souffrir d’une infection et même attraper le sepsis et mourir. Le tissu cicatriciel qui développe autour de la vulve après la procédure peut rendre douloureux les rapports sexuels et rendre compliqué l’accouchement. Cette procédure est habituellement pratiquée sur des filles entre 12 et 14 ans par des sages-femmes. 

 

Pourquoi est-ce que les filles sont encouragées à subir la procédure si elle est dangereuse ?

 

La pratique de la clitoridectomie continue dans beaucoup de pays parce qu’elle s’associe culturellement à la transition des filles à l’âge adulte. C’est une coutume que les filles célèbrent avec leurs familles. Les filles qui doivent subir cette procédure ont hâte de la réaliser parce qu’elle marque leur passage à l’âge adulte.  

 

Quelles sont certaines mesures prises contre la clitoridectomie ?

 

Des efforts globaux ont été pris pour l’élimination de la circoncision féminine. Plus spécifiquement, le Protocole de Maputo (Protocole de Maputo à la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples) a proclamé la fin de la circoncision féminine depuis 2005. Cependant, les mesures prises ne pouvaient pas s’attaquer complètement au problème à cause des croyances idéologiques fortes sur la procédure qui restent encore en 2021. La clitoridectomie joue prétendument le rôle de garantie de la position morale d’une fille. Dans beaucoup de sociétés dans lesquelles la clitoridectomie est pratiquée, on croit que la procédure est liée à la respectabilité des filles. Il existe – surtout parmi les générations plus âgées – une croyance que si une fille a eu une clitoridectomie, il est moins probable qu’elle aura des relations sexuelles avant son mariage. Les mesures gouvernementales pour s’attaquer à la pratique doivent donc prendre en compte ces questions idéologiques et culturelles afin d’être efficaces. 

 

Pourquoi est-ce qu’on fait des recherches sur la clitoridectomie ?

 

Il est important de sensibiliser le public au danger de cette pratique parce qu’elle a non seulement des risques immédiats pour la santé, mais elle peut aussi mener à des problèmes de santé à long terme. La communauté globale s’est fixée le but d’éradiquer la clitoridectomie d’ici à 2030, dans le cadre de ses objectifs de développement durable. La pratique sera reconnue comme violation des droits humains des filles, parce qu’elle est souvent pratiquée sur les filles sans leur accord. Selon une déclaration interinstitutionnelle publiée par les Nations Unies, « de la perspective des droits humains, la pratique reflète l’inégalité profondément enracinée des sexes, et constitue une forme extrême de discrimination contre les femmes ». Puisque la circoncision féminine est presque toujours pratiquée sur les mineures, elle est aussi une violation des droits de l’enfant, précisés dans la Convention internationale des droits de l’enfant (CIDE). Les filles devraient avoir la possibilité de décider librement si elles veulent avoir la procédure ou non, et avoir droit à leur propre corps. Il est important de s’assurer que des sentiments de culpabilité ou de gêne n’empêchent pas les filles de s’élever contre la procédure et d’accéder à leurs droits humains.

 

 

MARIETTA KOSMA

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