La Crise du Tigré en Éthiopie : Qu’est-ce qui se passe ?

La Crise du Tigré en Éthiopie : Qu’est-ce qui se passe ?

En 2019, le Président de l’Éthiopie, Abiy Ahmed, a reçu le Prix Nobel de la Paix pour « ses efforts visant à instaurer la paix et la coopération internationale, et particulièrement pour son initiative décisive à résoudre le conflit frontalier avec l’Érythrée voisine. » Maintenant, son gouvernement est impliqué dans une guerre dans la province du Tigré, dans le nord de l’Éthiopie. Comment en est-on arrivé là ? Qu’est-ce qui se passe sur le terrain ? Et quelles seront les conséquences de cette violence qui s’intensifie ?

Le contexte

L’Éthiopie est un pays fédéral avec plusieurs groupes ethniques importants. Les Tigréens, qui vivent principalement dans le nord de l’Éthiopie, en sont un. Dans le passé, il y a eu des rivalités ethniques continuelles. Mais depuis 1991, le pays est dirigé par une [wiki base= »FR »]coalition[/wiki] de partis politiques – le Front révolutionnaire démocratique du peuple éthiopien (EPRDF) – qui représente plusieurs groupes régionaux et ethniques. Le plus important d’entre eux était le Front Populaire de Libération du Tigré (FPLT). En 2018, Abiy Ahmed est devenu premier ministre après des manifestations contre le gouvernement. Il a dissous le EPRDF et il a créé un nouveau parti, en affirmant que ces mesures uniraient le pays. Néanmoins, son parti a exclu le FPLT. Son action pour garantir l’unité a aussi inclu l’augmentation du pouvoir du gouvernement central, qui s’opposait au Tigré et aux autres régions. Finalement, après l’annulation des élections l’année dernière par Mr Abiy à cause du coronavirus, le FPLT a installé son propre conseil électoral pour surveiller les élections. Cela a affaibli l’autorité du gouvernement central.

L’éclatement de la violence

En novembre 2020, le gouvernement éthiopien a dit que le FPLT avait réalisé un attentat contre une base militaire dans la région du Tigré pour essayer de voler des armes et qu’ils ont tué des soldats. Par la suite, Mr Abiy a dit qu’on allait envoyer des troupes à Tigré pour rétablir l’ordre. Le FPLT a dit qu’ils étaient prêts pour la guerre. On a réalisé des frappes aériennes et on a destitué le gouvernement régional dirigé par le FPLT. Au début, on ne connaissait pas bien l’ampleur du conflit à cause des [wiki base= »FR »]restrictions sur les communications[/wiki] imposées dans la région. Depuis cela, il a été difficile d’accéder aux informations, et on a accusé le gouvernement éthiopien de bloquer l’accès des médias et des ONG à la région.

Le conflit s’intensifie

Depuis novembre, la violence est devenue une véritable guerre. Les forces armées du gouvernement éthiopien ont pris le contrôle de la capitale de la région, Mekele, fin novembre, mais les dirigeants du FPLT ont dit qu’ils vont continuer de lutter. Certains d’entre eux ont déjà été tués, y compris Seyoum Mesfin, le ministre des affaires étrangères éthiopiennes de plus longue date. En même temps, la situation pour les gens ordinaires s’est rapidement détériorée. Les Nations Unies estiment que 200,000 personnes ont quitté la région pendant les six mois depuis novembre et on a enregistré des morts par faim.

Les conséquences

Ainsi que le coût de la vie humaine, la guerre menace l’État éthiopien et la région en général. Cependant, au fur et à mesure que le conflit se poursuit, il reçoit de plus en plus d’attention régionale et internationale, y compris celle du nouveau gouvernement aux États-Unis, un partenaire de sécurité important pour l’Éthiopie. La reconnaissance globale de la guerre et de sa gravité est une étape importante et bienvenue, qui fait venir l’espoir que les efforts pour mettre fin au conflit recevront l’attention qu’ils méritent de recevoir.

Marwin Ramos

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