Projet visant à mettre enfin Makoko sur la carte à l’aide de drones

Makoko, au Nigeria, n’existe pas officiellement. Cette région de Lagos, au Nigeria, n’apparaît sur aucun plan ou carte de la ville. Créé à l’origine comme un village de pêcheurs par des immigrants du groupe ethnique Egun, Makoko abrite aujourd’hui environ 300 000 personnes issues de différentes communautés. Il est composé de six villages : deux d’entre eux sont basés sur la terre ferme (Sogunro et Apollo), tandis que les quatre autres (Oko Agbon, Adogbo, Migbewhe et Yanshiwhe) sont construits sur la lagune de Lagos. Depuis septembre 2019, l’organisation non gouvernementale Code for Africa, qui est basée en Afrique du Sud, mène un projet visant à mettre enfin Makoko sur la carte.

Comment le projet va-t-il fonctionner ?

Six femmes de Makoko ont été formées par Code for Africa, qui engage activement des femmes, pour enregistrer environ 1 000 images de la région à l’aide de drones dans le ciel. Ces images seront ensuite assemblées pour créer une image plus grande dans les dernières étapes du projet, qui impliquera d’autres habitants. Les parties de Makoko qui ont été enregistrées grâce à ces drones comprennent une usine de transformation du manioc sur pilotis, un boucher, une clinique de médecine traditionnelle et un prêteur sur gages.

Que sont les drones ?

Les drones sont des types d’avions qui ne nécessitent pas de pilote et qui peuvent être pilotés par des personnes au sol. Ils sont utiles pour recueillir des données dans des zones difficiles d’accès au sol, mais peuvent être manipulés pour espionner les gens ou perturber d’autres modes de transport aérien.

Quels sont les avantages de ce projet ?

La cartographie de Makoko rendra les améliorations dans la région plus simples à réaliser, car les villages manquent d’eau potable, d’électricité, de postes de police et d’hôpitaux. Selon le chef Albert Jeje, l’un des cinq dirigeants de Makoko, de nombreuses maisons n’ont pas de numéro, ce qui signifie que jusqu’à 50 personnes peuvent se retrouver avec le même numéro de maison. Le projet permettra également de sensibiliser à la nécessité de protéger le mode de vie unique de Makoko. Les habitants étant formés à l’enregistrement de données sur Makoko, la zone pourra être facilement recréée à l’avenir.

Quels sont les inconvénients de ce projet ?

Certains habitants de Makoko se méfient du projet. En effet, en 2012, les autorités de l’État de Lagos ont ordonné à la police d’expulser les habitants de leurs maisons parce qu’ils considéraient Makoko comme un danger pour l’environnement. La police a mis le feu à certains bâtiments et un habitant a été tué. Bien que les autorités aient finalement respecté la résistance des habitants à leurs plans, de nombreuses maisons ont été démolies. C’est une tendance courante à Lagos, où le gouvernement local essaie souvent de se débarrasser des banlieues pauvres pour faire place à de nouveaux projets de construction. Les données de ce projet pourraient donc être utilisées à mauvais escient pour aider les autorités à localiser plus facilement les habitants de Makoko, puis à les expulser à nouveau.

Conclusion

Les projets de cartographie par drones peuvent avoir un impact positif au sein des communautés en sensibilisant les gens aux zones isolées et peu aidées par le gouvernement. Toutefois, il est important que les données enregistrées par ces projets ne soient pas utilisées à mauvais escient contre la volonté des résidents locaux.

Marwin Ramos

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