Taxes sur les Réseaux Sociaux : Bon ou Mauvais pour l’Économie ? (Ouganda)

L’utilisation d’Internet augmente rapidement en Afrique, avec plus de 20% d’internautes en 2018 par rapport à 2017. En conséquence, de nombreux pays africains introduisent des taxes sur différents services Internet. En juillet 2018, l’Ouganda est devenu le premier pays africain à introduire une taxe sur l’utilisation des réseaux sociaux.

COMMENT FONCTIONNE LA TAXE SUR LES RÉSEAUX SOCIAUX OUGANDAISE ?

Le gouvernement ougandais a introduit une taxe sur les sites de réseaux sociaux tels que WhatsApp, Facebook et Twitter. Les personnes souhaitant utiliser les réseaux sociaux doivent payer 200 shillings ougandais (0,05 USD) par jour via des entreprises de télécommunication telles que MTN et Airtel. Cet argent est récolté par le gouvernement ougandais.

POURQUOI AVOIR INTRODUIT CETTE TAXE ?

Le gouvernement ougandais affirme que cette taxe sur les réseaux sociaux permettra de lever des fonds pour financer des services publics. Par exemple, le ministre des TIC espère que cet argent pourra être utilisé pour élargir l’accès à Internet dans les zones rurales. Le président Museveni a également déclaré que les réseaux sociaux répandaient de mauvaises rumeurs qui devraient être découragées. Ses opposants politiques, comme le député Bobi Wine, soutiennent que la taxe sur les réseaux sociaux est anti-démocratique, car sans eux il est plus difficile de faire entendre son désaccord avec le gouvernement.

QUELLES SONT LES CONSÉQUENCES ÉCONOMIQUES ?

Nombreux sont ceux qui affirment que la taxe sur les réseaux sociaux a largement nui à l’économie ougandaise. Pourquoi ?

La taxe a contraint les entreprises de télécommunication comme MTN à augmenter le prix des forfaits de données Internet pour inclure le coût supplémentaire lié à l’utilisation des réseaux sociaux. En conséquence, l’Ouganda est passée du 9ème au 17ème pay africain le moins cher pour acheter 1 Go de données prépayées par mois. Cela signifie que moins de citoyens peuvent se permettre d’utiliser Internet, ce qui rend plus difficile la réalisation d’activités telles que les services bancaires en ligne et la création d’entreprise. Les personnes qui continuent à utiliser les réseaux sociaux ont désormais moins de revenus à dépenser.

La taxe sur les réseaux sociaux affecte avant tout les personnes les plus pauvres. Quel que soit son revenu, tout le monde paie le même prix pour utiliser les réseaux sociaux. Ainsi, alors que l’impôt ne représente que 2,4% du revenu moyen dans la capitale, Kampala, il représente 22,6% du revenu moyen dans les zones rurales de Bukedi. Cela signifie que de nombreux Ougandais à faible revenu ne peuvent plus du tout accéder aux réseaux sociaux.

La taxe nuit également aux entreprises qui vendent des objets ou font de la publicité sur Internet. Les sites de vente en ligne tels que Jumia craignent une baisse de leur chiffre d’affaire en raison d’une utilisation réduite d’Internet. En outre, les grandes entreprises technologiques telles que Facebook ne veulent plus investir dans l’amélioration de la vitesse et de l’accès à Internet.

Alors que le gouvernement ougandais gagne de l’argent directement grâce à cette taxe sur les réseaux sociaux, il verra probablement une baisse du total des taxes perçues. En effet, si cette taxe mène à des problèmes financiers pour certains individus et entreprises, ceux-ci paieront moins de taxes globalement.

LA SUITE…

En octobre 2018, les députés ougandais ont voté en faveur du maintien de la taxe sur les réseaux sociaux. En revanche, la République du Bénin a annulé sa propre taxe sur les médias réseaux seulement quelques jours après l’avoir introduite. C’est une sage décision que d’autres gouvernements africains suivront.

REBECCA CLARK

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