Une Galerie sans Tableaux: La « Collection Fantôme » de la Côte d’Ivoire

Comment devrions-nous réagir quand on perd l’art qui nous définit ? La «Collection Fantôme» à Abidjan, en Côte d’Ivoire, exprime la réaction d’étudiants après le cambriolage d’un musée local en 2011. Ces étudiants ont remplacé 120 œuvres d’art volées par leurs propres sculptures. Chaque pièce contient un mégaphone, mélangeant son et art visuel.

ART VOLÉ

En 2011, 120 œuvres d’art ont été volées au Musée des Civilisations à Abidjan, en Côte d’Ivoire. Ce cambriolage a eu lieu pendant la crise post-électorale, l’élection de Laurent Gbagbo étant contestée dans le monde entier. Les biens volés ont une valeur estimée entre 6 et 8,5 millions de dollars. Les dommages causés au bâtiment ont également été coûteux, de même que la nécessité de renforcer la sécurité. L’art n’a pas été retrouvé. On soupçonne que les sculptures ont été fondues en or, vendues sur d’autres marchés ou exposées dans des collections privées. Des exemples historiques similaires d’art volé indiquent qu’il est peu probable que ces œuvres soient retrouvées.

RÉACTIONS

De nombreuses personnes ont réagi de la même manière à la perte de l’art d’Abidjan. Les habitants ont le sentiment d’avoir perdu leur patrimoine culturel et leur identité nationale. La communauté se sent dépossédée de quelque chose qui ne peut être retrouvé. Ce ne sont pas seulement des objets qui ont disparu mais un sens historique d’appartenance.

L’empathie pour cette perte a été généralisée. L’art qui a suivi cherche une nouvelle focalisation unique. De nombreux artistes reconstituent des objets traditionnellement ignorés par d’autres nations, tels que des bouteilles en verre. Les salariés du musée ont continué à parler des objets perdus. Cette forte culture orale en Afrique est l’inspiration de la «Collection Fantôme».

L’EXPOSITION: « COLLECTION FANTÔME »

La «Collection Fantôme» (« Ghost Collection » en anglais) remplace l’art volé par de nouvelles œuvres. Ce projet a été mené par Raphaël Tiberghie du départements d’arts visuels du Grand Paris Sud. Les œuvres d’art ont été créées par des étudiants d’Evry, en France, du centre technique d’arts appliqués de Bingerville et de l’université Félix-Houpoiet-Boigny. Ces sculptures sont attachées à des haut-parleurs conçus pour raconter l’histoire d’objets perdus à travers le son.

Cette galerie démontre que la créativité peut émerger de circonstances difficiles. De plus, la «Collection Fantôme» prouve que l’art est bien plus qu’un objet esthétique que nous devons apprécier. L’art, dans sa forme la plus complète, a un récit, un contexte, un créateur et un public engagé.

FRANCESCA BUTT

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