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Traditions and family law for inheritance. Photo credit - AI Generated

QUAND LA TRADITION RENCONTRE LE DROIT MODERNE DE LA FAMILLE : QUI DOIT HÉRITER ?

Introduction

Dans de nombreuses sociétés, la question de l’héritage dépasse le simple cadre juridique. Elle est influencée par les traditions, les liens familiaux et l’évolution du droit. En Ouganda, les pratiques coutumières et le droit moderne peuvent ainsi entrer en conflit, notamment lorsqu’il s’agit de déterminer qui doit hériter des biens, des terres ou du statut du défunt.

 

Pratiques traditionnelles en matière d’héritage

Chez les Baganda, les anciens du clan désignent traditionnellement un héritier masculin, souvent le fils aîné. Celui-ci reçoit une part importante du patrimoine et assume la responsabilité des veuves et des enfants. Les filles peuvent recevoir des terres, mais leurs droits restent généralement limités, tandis que les veuves disposent surtout de droits d’usage. Chez les Karimojong, le bétail et les droits qui lui sont associés sont principalement transmis par la lignée masculine. Les fils ou les frères reprennent les troupeaux, tandis que les veuves peuvent être prises en charge par un parent masculin selon certaines pratiques coutumières. Chez les Iteso, les terres sont également considérées comme des biens liés au clan et sont principalement transmises aux fils. L’héritier administre le foyer et veille sur les personnes à charge.

 

Le droit moderne et l’égalité

Le droit ougandais moderne privilégie l’égalité entre les héritiers, conformément à la Constitution de 1995. La législation successorale permet le testament et protège les droits des conjoints et des enfants. En l’absence de testament, la succession est répartie selon des proportions prévues par la loi, sans distinction fondée sur le sexe. Les coutumes contraires au principe constitutionnel d’égalité peuvent être écartées.

 

Conclusion

La question de savoir qui doit hériter n’a donc pas une réponse unique. La tradition privilégie souvent la continuité du clan et la transmission par la lignée masculine, tandis que le droit moderne met davantage l’accent sur l’égalité et la protection des membres de la famille. Le défi pour l’Ouganda consiste à concilier les pratiques culturelles avec les principes d’égalité et de justice consacrés par le droit.

Walter Osipo

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