WELCOME TO R:Ed
Women in the agro food processing sector. Photo credit - AI Generated

LA TRANSFORMATION AGROALIMENTAIRE : UN LEVIER DE DÉVELOPPEMENT ÉCONOMIQUE AU BURKINA FASO

Introduction

Le développement économique ne consiste pas seulement à produire davantage, mais aussi à mieux valoriser les ressources disponibles. Au Burkina Faso, l’agriculture représente environ 22 % du produit intérieur brut et constitue la principale source de revenus pour près de 63 % de la population active. Pourtant, une grande partie de la production reste réalisée à petite échelle et orientée vers la subsistance, ce qui limite les revenus des producteurs et la création de valeur sur le territoire. 

 

De la production agricole à la création de valeur

La transformation agroalimentaire permet de dépasser la simple vente des produits bruts en leur ajoutant une valeur économique et commerciale. Le riz, le maïs, la mangue, le manioc, le soja et la volaille offrent des possibilités importantes de transformation et de commercialisation au Burkina Faso. Un produit transformé, conditionné et conservé peut être vendu plus longtemps, sur des marchés plus éloignés et à un prix généralement plus intéressant. 

 

Une réponse à la dépendance aux produits importés

Le développement de la transformation locale peut contribuer à réduire la dépendance du Burkina Faso à l’égard de certains produits alimentaires importés. Lorsque les matières premières nationales sont transformées sur place, le pays valorise davantage son potentiel agricole et limite les sorties de revenus liées à l’achat de produits finis. La transformation ne supprime toutefois pas les difficultés d’approvisionnement, notamment lorsque les récoltes sont affectées par les aléas climatiques ou l’insécurité. Elle doit donc être accompagnée par une amélioration des infrastructures de stockage, de l’irrigation et de l’accès aux intrants.

 

Des emplois pour les jeunes et les femmes

La transformation agroalimentaire constitue une source d’emplois directs et indirects dans les zones rurales comme dans les centres urbains. Elle concerne notamment les opérations de tri, de séchage, de décorticage, de production, de conditionnement, de vente et de gestion des stocks. Les femmes y jouent déjà un rôle important, tandis que les jeunes peuvent trouver des opportunités dans la maintenance, le numérique, la logistique et la commercialisation. 

 

Une modernisation à adapter aux réalités locales

L’agro-transformation ne peut pas être fondée uniquement sur l’achat de machines ou la construction d’unités industrielles. Elle doit tenir compte du coût de l’énergie, de l’accès à l’eau, de la disponibilité des pièces de rechange et du niveau de qualification des utilisateurs. Dans plusieurs localités, des équipements simples, réparables localement et fonctionnant avec une consommation réduite peuvent être plus efficaces que des installations coûteuses et difficiles à entretenir. Les chaînes de valeur doivent également respecter les exigences de qualité, d’hygiène, de conservation et de conditionnement afin de gagner la confiance des consommateurs. 

 

Conclusion

La valorisation des ressources agricoles permet de créer davantage de valeur à partir des productions locales, de soutenir l’emploi et de renforcer la sécurité alimentaire. Ses effets peuvent être particulièrement importants pour les femmes, les jeunes et les petites entreprises, qui occupent une place centrale dans les activités de production et de commercialisation. Le Burkina Faso ne doit donc pas seulement chercher à produire plus, mais aussi à mieux transformer, commercialiser davantage et à répartir plus équitablement les bénéfices de cette transformation.

 

Médias sociaux : https://www.facebook.com/share/19gmttwNBP/

OUEDRAOGO Latifatia Amin Nomwendé

VIEW ALL POSTS