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People pretending to be fine. Photo credit - AI Generated

Le masque du « Je vais bien » : pourquoi cachons-nous nos émotions et comment y remédier ?

Introduction

De Nairobi à Lagos en passant par Addis-Abeba, la réponse à l’une des questions les plus personnelles est souvent : « Je vais bien. » Cette simple formule peut pourtant servir à dissimuler le stress, les difficultés financières ou la fatigue. En psychologie, ce phénomène est appelé masquage émotionnel. Comprendre pourquoi il se produit et quelles en sont les conséquences constitue la première étape vers un changement véritable.t

 

Comment reconnaître le masquage émotionnel ?

Le masquage émotionnel consiste à dissimuler volontairement ses émotions afin de paraître calme et serein. Une personne peut afficher une expression positive alors qu’elle ressent du stress, de la peur ou de la tristesse. Ce comportement devient problématique lorsqu’il se transforme en habitude et empêche de demander de l’aide ou d’exprimer ses véritables besoins. Les émotions réprimées ne disparaissent pas : elles restent présentes sous la surface.

 

Pourquoi est-il fréquent dans les communautés africaines ?

Dans de nombreuses cultures africaines, la force émotionnelle est associée au silence et à la résilience. Certaines personnes craignent de paraître faibles lorsqu’elles reconnaissent leurs difficultés ou pensent qu’elles risquent de devenir un fardeau pour leur famille et leur communauté. Ces croyances, souvent transmises de génération en génération, peuvent apprendre aux individus à garder leurs problèmes pour eux et à préserver leur calme. Le masquage émotionnel devient alors un comportement appris pour répondre aux attentes de la société.

 

Les effets sur la santé et les relations

La répression des émotions peut avoir des conséquences importantes sur la santé et les relations. Le stress non exprimé peut se manifester par des maux de tête, de la fatigue, des troubles du sommeil ou une irritabilité soudaine. Lorsque nous ne montrons qu’une version artificielle de nous-mêmes, il devient difficile de construire des relations profondes. Le masquage crée une distance qui limite la véritable intimité. Les personnes peuvent également se sentir isolées, même lorsqu’elles sont entourées. Lorsque chacun prétend aller bien, les communautés ont plus de difficultés à identifier ceux qui ont besoin d’aide. Enfin, les personnes qui répriment régulièrement leurs émotions sont moins susceptibles de rechercher une aide professionnelle en santé mentale lorsqu’elles en ont besoin.

 

De petits pas vers plus d’authenticité émotionnelle

Être honnête avec ses émotions ne signifie pas devoir partager toute sa vie privée avec tout le monde. Quelques changements simples peuvent déjà faire une difference:

Prendre quelques secondes pour identifier ce que l’on ressent réellement : peur, joie, fatigue ou tristesse. Mettre des mots sur une émotion peut contribuer à en réduire l’intensité.

Se confier à une personne de confiance, comme un frère, une sœur ou un ami capable d’écouter sans juger.

Poser des questions plus précises, comme : « Qu’est-ce qui te préoccupe ces derniers temps ? » Cela peut favoriser un dialogue plus sincère.

 

Conclusion

La sensibilisation au masquage émotionnel progresse sur le continent, notamment chez les jeunes. De plus en plus de personnes parlent de santé mentale dans les écoles, les lieux de travail et sur les réseaux sociaux. Cette évolution contribue à redéfinir la notion de force. La véritable force réside aussi dans la capacité à être honnête avec soi-même et à demander de l’aide lorsque cela est nécessaire. Cette nouvelle approche peut améliorer notre santé, renforcer nos relations et favoriser des communautés plus attentives aux besoins de chacun.

Tsegaye Shewangzaw Zergaw

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