Avant j’étais un corps,
Oui un corps infantile,
Je vaquais joyeusement pour l’école,
Pour préparer mon avenir.
Avant j’étais un corps,
Oui un corps docile,
Rendez-moi ma jeunesse,
Mais qui êtes-vous pour me l’avoir prise ?
Avant j’étais cette fille, ce fils,
Qui ne savait que jouer et rire,
Je ne sais pas ce que c’est la politique,
Encore moins les discours et les polémiques.
Un jour, ce corps, un bon matin,
Quittant papa et maman,
L’espoir en haleine,
Pensant à la craie et son cri sur le mur noir.
Je suis ce corps qui vivra le jour qui ne reste pas dans la mémoire,
Un jour j’étais un corps,
Oui un corps assis sur les tables-bancs,
Oui j’étais un corps qui, pour répondre, levait le doigt.
J’étais un corps assidu, têtu, étourdi,
Mais j’étais un corps sensible, pourquoi s’en prendre à moi ?
Mais qu’ai-je fait ?
N’êtes-vous pas donc des papas, à la limite des frères ?
Rendez-moi ma jeunesse, qui vous a pris la vôtre ?
Pourquoi cette maladie sans remède m’avez-vous donnée ?
Avant j’étais un corps qui voulait être enseignant, médecin,
Mais vous avez coupé ce rêve, ne laissant que néant.
Un jour j’étais un corps, caché sous les tables-bancs,
La peur m’envahit, je suis figée, je crie, je pleure.
“Mummy, please !”
Mais la lame tombe, la violence s’impose.
Je suis ce corps blessé, réduit au silence,
Un corps arraché à l’enfance, à la vie,
Un corps dont la tenue se déchire dans l’horreur.
Au final, je ne suis qu’un corps gisant dans son sang,
Et mon âme debout tout près proclame mon innocence.
Vous m’avez tué.
Description du poème
Ce poème exprime la perte brutale de l’enfance et de l’innocence à travers la voix d’un enfant devenu victime de violences extrêmes. Le narrateur évoque d’abord la joie de l’école et des rêves d’avenir, puis décrit la rupture violente de cette innocence par une agression traumatisante. Le texte dénonce la brutalité infligée aux enfants et l’injustice d’un monde où leur vie et leurs rêves sont détruits prématurément.

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