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A safety officer telling other workers the importance of safety. Photo credit - AI Generated

DE LA SURVEILLANCE À L’HABILITATION : UNE NOUVELLE FAÇON DE DIRIGER LA SÉCURITÉ

Introduction

Depuis de nombreuses années, la sécurité au travail est fortement associée à des mécanismes d’application tels que les audits, les inspections, les avertissements, les mesures disciplinaires et des exigences strictes de conformité. Dans de nombreuses organisations, la présence d’un agent de sécurité crée souvent une atmosphère de tension et de silence, où les employés se sentent surveillés plutôt que soutenus. Cette approche renforce une culture de surveillance au lieu d’une culture fondée sur la collaboration et la confiance. Pourtant, une culture de sécurité durable et efficace ne repose ni sur la peur, ni sur la punition, ni sur l’intimidation. Elle repose sur une compréhension partagée, la responsabilité, la communication et le respect mutuel. Bien que le contrôle puisse assurer une conformité à court terme, l’éducation et l’engagement favorisent une véritable appropriation, un sens des responsabilités et un engagement comportemental durable envers la sécurité au travail.

 

Les professionnels SHE se posent des questions

En tant que professionnels SHE, nous devons continuellement nous poser une question essentielle : les personnes respectent-elles les règles de sécurité parce que quelqu’un les surveille, ou parce qu’elles comprennent réellement pourquoi ces règles existent ? La réponse à cette question définit la culture d’une organisation. Un lieu de travail où les employés agissent de manière sécuritaire uniquement sous supervision reflète une conformité motivée par la peur. À l’inverse, un environnement où les employés comprennent l’importance de la sécurité démontre maturité, responsabilité et engagement.

 

Le changement : De l’inspecteur à l’éducateur 

Le passage du rôle d’inspecteur à celui d’éducateur est donc essentiel. Une mentalité axée sur le contrôle se concentre sur la punition et la recherche de fautes. Elle dit : « Vous avez enfreint la procédure », « Signez ici » ou « La prochaine fois, il y aura des conséquences ». Cette approche crée souvent une distance entre la direction et les travailleurs. Une mentalité axée sur l’autonomisation, en revanche, encourage le dialogue et la compréhension. Elle dit : « Comprenons le risque », « Qu’est-ce qui pourrait mal tourner ici ? » et « Comment rendre cela plus sûr ensemble ? ». Une approche crée la peur et la résistance, tandis que l’autre construit un partenariat, la confiance et la coopération.

 

Pourquoi l’enseignement est plus efficace que la punition 

Lorsque les travailleurs comprennent clairement les raisons qui motivent les procédures de sécurité, les exigences en matière d’EPI (équipements de protection individuelle) et les contrôles opérationnels, leur comportement change fondamentalement. La conformité devient motivée de l’intérieur plutôt qu’imposée de l’extérieur. Les employés commencent à se protéger eux-mêmes ainsi que leurs collègues non pas parce qu’ils craignent des mesures disciplinaires, mais parce qu’ils accordent une réelle valeur à leur vie, à leur santé et à leur bien-être à long terme. L’éducation crée la sensibilisation, et la sensibilisation conduit à une action responsable. La punition peut corriger temporairement un comportement dangereux, mais l’éducation transforme durablement les comportements. Lorsque les gens comprennent la physique d’une chute, les effets de la poussière de silice sur la santé ou l’impact à long terme de la fatigue, ils ne se contentent pas de respecter les règles — ils s’engagent envers des pratiques sécuritaires. Les individus protègent naturellement ce qu’ils comprennent et valorisent.

 

Applications pratiques 

Concrètement, l’autonomisation en matière de sécurité signifie transformer les inspections en opportunités d’apprentissage, encourager les travailleurs à identifier eux-mêmes les dangers, expliquer les risques dans un langage simple et accessible, partager des exemples réels et reconnaître publiquement les comportements sécuritaires. Au lieu de devenir « la police de la sécurité », les professionnels SHE devraient s’efforcer de devenir des partenaires de confiance en matière de sécurité, qui guident, éduquent et soutiennent les travailleurs.

 

Conclusion

Le véritable enseignement est qu’une culture de sécurité forte ne peut pas être imposée uniquement par la peur et la punition. Elle se construit grâce à l’éducation, à la compréhension et à l’engagement. Lorsque les travailleurs comprennent les risques et apprécient l’importance de la sécurité, ils n’ont plus besoin d’une supervision constante. Ils deviennent autonomes, proactifs et responsables de leur propre sécurité ainsi que de celle des autres. Cela représente le plus haut niveau de maturité en matière de sécurité et constitue la base d’une culture de sécurité au travail véritablement durable.

Oabona Matildah Letshuti

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