Au temps qui crie,
la vapeur monte,
l’odeur parle avant les mots.
C’est l’aurore de la peur
sur le marbre du cœur.
Nous avançons droits,
raides comme des écrans allumés,
jeunes en chœur,
connectés mais fissurés,
apprenant trop vite à survivre
et trop lentement à comprendre.
On ne nous forme pas à la guerre,
mais à la vitrine.
Pas au combat,
mais au regard des autres.
Nous portons des couronnes fragiles,
reines sans royaume,
rois d’un instant numérique.
La vie défile en stories,
le sens se perd en notifications.
On confond le bruit et la vérité,
le buzz et la valeur,
l’exposition et l’existence.
Pourtant, au fond,
le cœur sait.
Il bat encore sous le marbre,
il résiste sous la rigueur,
il cherche une autre école.
Car la vraie victoire
n’est pas d’être vu,
mais d’être éveillé.
La vraie puissance
n’est pas de dominer l’écran,
mais de laisser régner la connaissance.
Et si le monde est devenu virtuel,
alors que notre conscience
reste réelle.
Description du poème
Cœur Digital est un appel à la lucidité. À l’ère du virtuel, le salut ne viendra ni de la fuite ni du bruit, mais d’un retour à la connaissance, à la conscience et à la responsabilité individuelle. Ce poème contemporain interroge la jeunesse connectée, prise entre le bruit du monde virtuel et la quête de sens. Il parle d’un cœur durci par l’époque, mais encore capable de lucidité, de choix et de connaissance.
