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African textiles in modern life. Photo credit - AI Generated

La promotion du textile africain face au défi de la modernité

Introduction

L’Afrique a toujours eu, contrairement aux idées diffusées à travers le monde, des textiles qui lui sont spécifiques. Ces textiles africains étaient fabriqués à base des feuilles d’arbres, d’herbes ou de peaux d’animaux. Mais, grâce aux rencontres du continent avec d’autres peuples, les textiles africains ont considérablement évolué. Alors, comment le promouvoir davantage à l’ère de la modernité ? Notre réflexion s’arc-boute autour de quatre points majeurs.

 

Le textile africain : à quoi renvoe-t-il ?

Le textile africain renvoie aujourd’hui à l’ensemble de tissus d’origines géographiques et culturo-religieuses diverses qui teintent l’environnement vestimentaire de l’Afrique. Ces tissus comme le wax, l’indigo ou le bogolan du Burkina Faso – finalement devenus purement africains – sont généralement empruntés, adaptés au contexte de l’Afrique et caractérisés par leurs techniques de fabrication, leurs couleurs et leur esthétique particulière.

 

Les défis du textile africain 

Le textile africain fait face à une multiplicité des défis souvent énormes, écœurants et décourageants. Dans le cadre du présent travail, l’accent est mis sur trois d’entre eux. Un premier défi est le faible niveau de vulgarisation et de valorisation du textile africain : il y a très peu de structures organisées sur le continent qui valorisent le textile africain. Depuis 2021, l’Association pour la Valorisation du Textile Africain (A.V.T.A), créée par quelques jeunes tchadiens et la diaspora africaine de l’Irlande du Nord, entend relever ce défi majeur à l’avenir. Un autre défi est celui de la consommation et de la commercialisation ; les textiles africains ne sont pas suffisamment consommés par les africains qui préfèrent les textiles d’origine européenne, américaine ou asiatique (chinois, indien), ce qui pose le problème de sa commercialisation. Un troisième défi est lié au coût de la transformation : la transformation (ou l’industrialisation) du textile africain nécessite un investissement financier, technique, matériel et humain conséquent avec une politique d’encadrement bien structurée, ce qui n’est pas possible à l’heure actuelle. En Afrique de l’Ouest (au Burkina Faso par exemple), des efforts sont faits dans ce sens mais demeurent insuffisants.

 

Modernité et textile africain : pourquoi valoriser le savoir-faire artisanal ?

Le vent de la modernité emporte visiblement avec lui les valeurs, l’identité et le prestige du textile de l’Afrique. Il est évident, aujourd’hui, que beaucoup d’Africains préfèrent s’habiller en américain, en européen ou en asiatique. Le dégoût pour le textile africain est plus observable en milieu des jeunes lesquels s’exhibent le plus généralement avec leurs jeans, chemises ou lacostes importés d’ailleurs. La promotion du textile africain transite forcément par la valorisation du travail des tisserands, teinturiers, brodeurs et promoteurs qui doivent être formés et réorganisés pour faciliter le transfert de compétences entre générations et dans le monde. Il est primordial que les acteurs de la chaîne de promotion du textile africain ne laissent rien se faire de manière archaïque à l’ère de la modernité. Il est plus que jamais important de valoriser le textile africain et le savoir-faire artisanal pour préserver l’identité africaine, conquérir plus de place à l’Afrique sur la scène internationale. À un moment, l’Afrique doit aussi exporter ses valeurs, ses traditions, son identité et ses textiles pour influencer d’autres peuples. Elle ne doit plus continuer à consommer le textile venu d’ailleurs ; elle doit surtout consommer son propre textile et le faire consommer  aux autres peuples du monde. Le textile africain est l’une des expressions identitaires du continent. À travers lui, l’Africain peut être identifié par rapport à d’autres peuples, puisque son textile porte les marques indélébiles de sa culture, de sa tradition et de sa mémoire collective.

 

Promotion du textile africain dans le contexte de la modernité 

Aujourd’hui, dans le contexte de la modernité, le textile africain peine à être promu et à conquérir l’Afrique et le monde. Car la modernité le couvre de ses ombres épaisses. Comme un processus continu et irréversible, la promotion du textile africain doit se poursuivre à différents niveaux (États, structures organisées, initiatives individuelles) pour lui garantir une visibilité dans le monde. Cela pourra passer par le processus de la digitalisation (sites internet, réseaux sociaux), l’organisation des événements (mode, cinéma, prix) et les collaborations au niveau international, question d’ouvrir la porte du textile africain sur le monde. Ces actions sont envisagées par l’A.V.T.A, précédemment citée, dans le cadre de sa mission régalienne. La modernité n’est pas une barrière à la promotion du textile africain. Au contraire, elle est une opportunité. Il revient aux créateurs et promoteurs du textile africain de savoir s’en servir et se positionner sur la scène internationale ainsi que sur le marché mondial du textile.

 

Conclusion 

Pour clore notre réflexion, il faut dire que le constat est aujourd’hui clair : le textile africain ne fait pas, jusque-là, l’objet d’une promotion intense, active et organisée. C’est pourquoi, il souffre de visibilité et d’impact sur le plan mondial. Il est dorénavant de la responsabilité des créateurs et des promoteurs africains, qu’ils soient à l’intérieur du continent ou dans la diaspora, de promouvoir activement le textile africain afin qu’il soit exporté et qu’il conquiert le monde entier. Ce qui contribuera certainement à véhiculer une identité africaine plus positive.

 

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Domwa Fonretouin

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