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A person holding a NDOP Fabric. Photo credit - Xinhua

Retour vers la sacralité du NDOP

Introduction

Autrefois réservé aux chefs, dignitaires, ritualistes lors d’occasions spéciales, le NDOP (DZE NDOP ou NJI NDOP) est aujourd’hui accessible à tous. Cette étoffe traditionnelle, originaire de l’est du Nigeria et des peuples Grassfields du nord-ouest et de l’ouest du Cameroun, était utilisée comme moyen d’échange dès les années 1920. Le savoir-faire artisanal, transmis de génération en génération, est menacé par l’industrialisation produisant en masse des tissus à bas prix et de qualité variable. Inscrit au patrimoine national camerounais, le NDOP demeure un élément incontournable de nombreuses cérémonies, notamment les mariages et baptêmes.

 

Vers le processus traditionnel de fabrication

La fabrication du NDOP débute au Cameroun septentrional avec la culture du coton, suivie de son égrainage et filage. Le tissu blanc est ensuite vendu à l’ouest, où des artisans appliquent les motifs avec de la sciure de charbon. Les fils de raphia recouvrent les symboles (étape appelée « faufilage »), empêchant l’infiltration du colorant. Le tissu retourne ensuite à Garoua pour la teinture, consistant en un bain prolongé dans une solution de lessive, puis l’indigo, chacun durant environ dix heures. L’exposition au soleil favorise l’oxydation, conférant au tissu sa couleur bleue caractéristique et profonde. Enfin, le tissu est renvoyé à l’ouest pour le défaufilage, révélant les motifs finaux du NDOP.

 

Des symboles particuliers

Le NDOP se distingue par ses motifs variés, des représentations animales aux figures géométriques, qui expriment la puissance spirituelle de l’étoffe. La couleur bleue symbolise la vie, évoquant la poche amniotique. Le losange représente les entrailles de la femme porteuse de vie. Le cercle subdivisé en neuf parties alternant points et espaces vides illustre la réincarnation par succession ou naissance. Les zigzags traduisent le travail acharné des peuples Grassfields, tandis que les croix renvoient aux sociétés secrètes. Les quatre carrés sur certains tissus symbolisent les quatre points cardinaux et la protection. La couleur blanche représente la pureté et la lumière.

 

Vers la banalisation du NDOP

La demande croissante et le coût élevé du NDOP traditionnel favorisent sa désacralisation. La production industrielle, souvent de moindre qualité, tend à dénaturer ce tissu précieux. Cette industrialisation, combinée à une mauvaise interprétation des symboles, fait que le NDOP perd sa valeur culturelle et ne représente qu’une ombre de lui-même. Il est urgent de prendre conscience de la valeur traditionnelle de cette étoffe, pilier fondamental de l’identité culturelle camerounaise.

 

Conclusion

Reconnaître un NDOP authentique ne relève pas du mystère. Il convient de s’informer auprès de sources fiables et d’observer attentivement les motifs, notamment l’alternance précise des points et des espaces dans les cercles. Le NDOP traditionnel nécessite environ trois mois de séchage, ce qui lui confère un aspect lourd et légèrement sale dû au coton. En revanche, le NDOP industriel, souvent confondu avec le wax, est plus léger et présente une teinte bleutée plus vive. Malgré un coût plus élevé, l’acquisition du NDOP traditionnel est un acte de valorisation d’une tradition ancestrale et un témoignage de fierté culturelle.

 

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Ariane Ngouana

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