La vue
Mes yeux pleurent l’éclat de ton doux visage,
Ombres et larmes voilent mon paysage.
Les couleurs s’éteignent en un gris éternel,
Privées du feu de ton regard fidèle.
L’ouïe
Le vent murmure encore ton rire cristallin,
Mais l’écho s’efface dans un vide sans fin.
Chaque note, chaque son sonne creux,
Depuis que ta voix ne berce plus mes vœux.
L’odorat
Ton parfum flottait, tendre et discret,
Un sillage d’amour aux accents sucrés.
Mais l’air est froid, sans âme, sans trace,
Ton essence a fui, me laissant en disgrâce.
Le goût
Sur mes lèvres, l’empreinte de tes baisers,
Saveur envolée, ne laissant que cendres et regrets.
Les mets sont fades, le vin trop amer,
Sans toi, tout manque de lumière.
Le toucher
Mes doigts cherchent, mais ne trouvent plus,
Le velours de ta peau, cet abri perdu.
Le vide m’étreint, glaçant mes jours,
Sans la chaleur de ton amour.
En chœur
Ainsi meurent nos sens, un à un,
Dépossédés de ton éclat lointain.
Le monde vacille, tout devient deuil,
Sans toi, mon amour, tout est en deuil.
Description du poème
Après une rupture douloureuse, chaque organe sensoriel exprime sa peine et son vide en l’absence de l’être aimé. La vue, l’ouïe, l’odorat, le goût et le toucher prennent tour à tour la parole pour traduire la douleur de l’auteure, comme un chœur de souffrance où chaque sens se fait l’écho du manque et du chagrin.
