Introduction
Le 6 mars de chaque année, le monde entier célèbre la journée mondiale du lymphœdème. Quoique difficile à apprécier, on estime la prévalence du lymphœdème à 1 personne sur 6000. Alors que cette pathologie méconnue affecte l’apparence physique et, par conséquent, a un impact sur l’image corporelle que les patients peuvent avoir d’eux-mêmes, sa prise en charge est peu efficiente, sinon quasi-inexistante dans plusieurs centres hospitaliers. Au Cameroun, les patients atteints de cette anomalie se tournent très souvent vers la médecine alternative, la médecine traditionnelle et même les sciences occultes, tant ils ont -pour la plupart- des préjugés face à ce mal qui est, à tort ou à raison, attribué à la sorcellerie ou au mauvais sort. Qu’est-ce-que le lymphœdème ? Quelle est l’étiologie de cette pathologie ? Quels moyens faut-il mettre en œuvre pour résorber l’évolution de cette maladie ?
Causes, manifestations et conséquences des lymphœdèmes
Avant de présenter les causes et manifestations des lymphœdèmes, il n’est pas superfétatoire de dire que le lymphœdème est une pathologie chronique qui se caractérise par l’enflure d’un membre ou d’une partie du corps. Le gonflement se produit lorsque la lymphe ne peut circuler normalement et qu’elle s’accumule dans les tissus mous d’un membre. Le diagnostic se fait habituellement par l’examen du malade. Il existe deux types de lymphœdème : le lymphœdème primaire et le lymphœdème secondaire. Le lymphœdème primaire est lié à un défaut de mise en place et/ou de fonctionnement du système lymphatique au cours de la vie fœtale qui se révèlera plus ou moins tôt dans la vie. C’est une malformation constitutionnelle du système lymphatique. Le lymphœdème secondaire, quant à lui, apparait après une destruction ou l’obstruction du réseau lymphatique suite à un curage ganglionnaire, une exérèse chirurgicale, une radiothérapie, une obstruction par les cellules tumorales ou filaires entres autres. Comme conséquences, les lymphœdèmes peuvent se compliquer d’infections (érysipèle), d’une perte de mobilité du membre atteint, allant même jusqu’à la diminution globale de la qualité de vie. D’un point de vue esthétique, les lymphœdèmes sont non seulement handicapants, mais aussi, ils constituent un véritable challenge, d’un point de vue vestimentaire.
Prise en charge et traitement
Il n’existe pas de traitement curatif du lymphœdème. Une bonne prise en charge des lymphœdèmes est assurée par plusieurs spécialistes parmi lesquels les kinésithérapeutes et les angiologues. La prise en charge a pour but d’apaiser et réduire les symptômes (gonflement, douleurs). Elle permet aussi d’éviter les complications infectieuses et de préserver l’autonomie de la personne. Cette prise en charge varie d’un patient à un autre. Le traitement vise à diminuer l’œdème et à ralentir son développement. Il comporte deux phases : réduction et stabilisation. Le drainage lymphatique permet de réduire le lymphœdème en alternant de petites pressions et des pressions circulaires sur le réseau lymphatique. C’est une technique qui aide la lymphe à remonter vers le cœur. La compression à l’aide d’un bandage multicouche intervient dans la phase initiale de réduction de l’œdème et dans la phase de stabilisation. Les bandages compressifs, l’usage des bas de contention confectionnés sur mesure, l’exercice physique et l’auto bandage sont autant de palliatifs qui visent à réduire les enflures et gonflements causés par les l’accumulation de la lymphe.
Conclusion
En tant que maladie orpheline, la prise en charge des lymphœdèmes est quasi-inexistante au Cameroun eu égard à la méconnaissance de cette pathologie et des balbutiements de la science, quant à son traitement. Les patients de cette maladie la considèrent comme un mauvais sort ou la résultante d’une pratique occulte. Il est temps que les populations soient sensibilisées et aguerries en ce qui concerne cette pathologie évolutive et que le corps médical soit mieux outillé et rodé afin que la prise en charge soit plus efficace et qu’un grand nombre de patients atteints de lymphœdèmes soit mieux accompagné. D’un point de vue psychologique, un soutien psychologique est souhaitable, notamment chez les plus jeunes. Cet accompagnement a pour but de leur faire accepter leur état et leur proposer des solutions adéquates pour mieux vivre avec la maladie, tout en bravant le regard d’autrui.
