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Mental Health in underprivileged communities. Photo credit - AI Generated

La santé mentale dans les communautés défavorisées : de la stigmatisation à la cristallisation

Introduction 

Résidant dans un quartier défavorisé, Adam ne manque jamais de consulter John, le gastro-entérologue, à propos de sa rectocolite hémorragique. Depuis 10 ans, il se rend régulièrement à son cabinet. Des études récentes affirment que la détérioration de la santé mentale peut aggraver cette maladie. Pourtant, Adam n’a jamais envisagé de rendre visite, ne serait-ce qu’une seule fois, à Steven, le psychiatre installé à quelques rues de là. Il écarte toujours cette idée. Fait surprenant, Adam n’est pas le seul à adopter cette attitude envers la psychiatrie. Beaucoup d’autres partagent le même comportement. Cela soulève plusieurs questions sur la nature de la sensibilisation à la santé mentale dans les communautés défavorisées.

 

Est-ce de la stigmatisation ?

Les experts en santé mentale désignent la stigmatisation comme la principale raison empêchant 70 % des Africains souffrant de troubles mentaux de bénéficier d’une aide professionnelle. Pour certains, les troubles mentaux sont synonymes de vulnérabilité. De plus, dans certaines cultures, ces troubles sont attribués à des forces surnaturelles. Ce qui aggrave encore la situation, c’est que les personnes atteintes de troubles mentaux sont souvent la cible de moqueries. Cette attitude découle généralement d’un manque de sensibilisation, menant à des comportements immatures. Dans les cas les plus graves, cela peut mener au harcèlement, blessant profondément les personnes concernées. Les réactions à de tels comportements varient selon la gravité de la situation et la sensibilité de la victime. Toutefois, dans les communautés défavorisées, le résultat est presque toujours le même : les victimes, c’est-à-dire les personnes atteintes de troubles mentaux, préfèrent se soumettre à leurs agresseurs, qui s’en sortent souvent sans conséquence. Pour se protéger davantage, elles n’osent parler de leur santé mentale à personne, même pas à leur famille. Ici, la stigmatisation règne en maître. Elle emprisonne leur volonté d’exprimer ce qui les fait le plus souffrir. Pourtant, la douleur a une raison d’être : c’est une alerte, un signal qu’un problème majeur est présent. Comme la douleur physique, si elle est ignorée, elle s’aggrave.

 

Est-ce dû à des contraintes financières ?

Les contraintes financières viennent en second après la stigmatisation comme cause de l’évitement des soins de santé mentale parmi les Africains souffrant de ces troubles. Le pourcentage atteint presque 60 %, selon des études récentes. Les assurances santé ne couvrent généralement pas les soins psychiatriques, ce qui les rend inaccessibles pour de nombreuses familles. Le traitement des troubles mentaux est un long parcours, pouvant durer des années. Il nécessite à la fois du temps et des ressources financières, sans oublier la volonté de persévérer. En tant que besoin relégué au bas de la liste des priorités, la santé mentale ne reçoit pas l’attention qu’elle mérite. Elle est donc souvent négligée par les familles. Quelques initiatives individuelles visent à alléger le fardeau des familles défavorisées. Cependant, ces efforts restent insuffisants pour répondre aux besoins de ces communautés. Même les organisations caritatives ne placent pas la santé mentale en priorité. Pour elles, les besoins physiques priment sur les besoins psychologiques. Cela reflète fondamentalement le manque de sensibilisation généralisé dans la société. Les conséquences restent les mêmes. Parfois, les plateformes en ligne sont utilisées en remplacement des canaux de traitement traditionnels. Toutefois, le professionnalisme ne peut y être garanti, surtout lorsqu’on a recours à des comptes de réseaux sociaux non fiables.

 

Quelles leçons en tirer ?

La prévention vaut toujours mieux que le traitement. Les familles doivent être en première ligne pour protéger leurs membres. Éliminer un problème de santé mentale dès ses débuts constitue un solide bouclier contre la peur. Protégées ainsi, les personnes peuvent affronter le monde extérieur. Certes, les communautés ne changent pas du jour au lendemain. Toutefois, sensibiliser à la santé mentale est un processus de longue haleine, nourri par la patience et la compréhension. Tous, y compris les personnes concernées par des troubles mentaux, doivent participer à cette sensibilisation. Le message fondamental est : « les problèmes de santé mentale sont aussi importants que les problèmes physiques ». Toutes les institutions communautaires doivent collaborer pour diffuser ce message efficacement à travers les différents secteurs de la société. En parallèle, des solutions innovantes aux problèmes actuels de la santé mentale doivent être mises en œuvre, adaptées à la nature de chaque communauté. Néanmoins, le mot-clé reste la solidarité, unissant tous les acteurs impliqués. Les solutions peuvent inclure la collecte de fonds pour aider financièrement les personnes défavorisées atteintes de troubles mentaux. Cette aide devrait être fournie anonymement afin de préserver leur vie privée, jusqu’à ce que la stigmatisation disparaisse. En attendant, les institutions engagées dans la santé mentale peuvent recevoir des financements selon des critères prédéfinis. Une autre solution consiste à mener des campagnes sur les réseaux sociaux populaires pour sensibiliser à la santé mentale.

 

Conclusion

« Nous ne dirons jamais à une personne avec une jambe cassée d’arrêter de se plaindre et de se ressaisir. Nous ne considérons pas honteux de prendre des médicaments pour une infection de l’oreille. Nous ne devrions pas traiter les troubles mentaux différemment. » — Michelle Obama. Les troubles de santé mentale doivent être traités au même titre que les troubles physiques. L’absence de soutien financier ne devrait pas empêcher les individus défavorisés de bénéficier de soins mentaux adaptés. En même temps, la stigmatisation doit laisser place à la compréhension et à la sensibilisation.

Marwa Abdellateef

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