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Racisme environnemental au Mozambique : manifestations et formes de résistance

Introduction

Le racisme environnemental est une forme de discrimination qui se manifeste par l’implantation délibérée d’industries hautement polluantes dans des communautés majoritairement habitées par des personnes de couleur et des groupes à faible revenu. Le racisme environnemental reflète la « croyance » selon laquelle la pollution écologique est tolérable et acceptable pour un groupe spécifique d’êtres humains (en particulier les personnes noires et les communautés marginalisées). Cet article analyse les manifestations de ce phénomène au Mozambique et présente les initiatives locales de résistance.

 

Manifestations du racisme environnemental au Mozambique

Le terme « racisme environnemental » a été inventé aux États-Unis dans les années 1980 par Benjamin Franklin Chavis Jr. pour dénoncer le déversement de déchets toxiques dans des zones habitées par des personnes noires et à faible revenu. Aujourd’hui, le racisme environnemental se manifeste de diverses manières, comme l’implantation d’industries polluantes dans des communautés de couleur et des zones à faible revenu, les retards dans la collecte des déchets dans les quartiers périphériques, etc. Au Mozambique, le racisme environnemental se manifeste de plusieurs manières. Cependant, cet article met l’accent sur les cas de racisme environnemental résultant des activités des multinationales du secteur extractif, qui sont impliquées dans l’extraction de gaz, de charbon et de pétrole dans le pays. Ces entreprises, souvent avec le soutien des élites locales, se livrent à des pratiques de production qui compromettent gravement l’environnement à un degré qui ne serait pas toléré dans les pays du « premier monde ».

 

L’impact du racisme environnemental sur les résidents

Par exemple, Vulcan Mozambique, une société minière indienne, est actuellement engagée dans l’extraction de charbon à ciel ouvert dans le district de Moatize, province de Tete. Poursuivant l’héritage de pollution environnementale initié par son prédécesseur, Vale Mozambique, Vulcan a transformé Moatize en un « royaume de poussière de charbon ». Les résidents locaux se plaignent régulièrement des effets nocifs de la poussière provenant des mines de charbon et des fissures causées par les explosions de dynamite. « Certaines personnes ont une toux persistante, et quand elles toussent, les mucosités contiennent de la poussière de charbon », a rapporté un habitant. « Nous ne pouvons plus étendre nos vêtements dehors car ils se couvrent rapidement de poussière de charbon », a ajouté un autre habitant.

 

Formes de résistance au racisme environnemental au Mozambique

Face aux pratiques de racisme environnemental perpétrées par des multinationales telles que Vale et Vulcan, diverses formes de résistance ont émergé, notamment des manifestations communautaires et des campagnes contre la pollution, des actions en justice contre les entreprises polluantes, des pressions sur le gouvernement pour qu’il mette en œuvre et fasse respecter les lois environnementales, et des partenariats avec des organisations internationales pour donner la parole aux communautés affectées.

 

Conclusion

Le racisme environnemental révèle qu’à l’ère de la mondialisation capitaliste, les sociétés sont divisées en deux grandes classes : ceux qui bénéficient de la dégradation écologique (les multinationales et les élites locales) et ceux qui en subissent les impacts (les populations à faible revenu et les communautés de couleur). Le Mozambique figure sur la carte des pays qui supportent les coûts de la dégradation de l’environnement, comme en témoigne l’installation d’industries polluantes qui adoptent des pratiques toxiques pour l’environnement, inacceptables dans les pays du « Premier Monde ». Ainsi, les actions de résistance au racisme environnemental sont nécessaires et urgentes, et elles doivent toujours être accompagnées d’une éducation écologique qui éveille et responsabilise les communautés, les aidant à reconnaître la nature raciste et coloniale des entreprises multinationales.

Delso Armando Vilanculo

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