INTRODUCTION
Si la culture générale n’est pas votre point fort, il est fort probable que ce soit la première fois que vous entendiez ce mot : le lévirat !
Pourtant, bon nombre de foyers en ont fait les frais sur notre continent. Concrètement, on définit le lévirat comme une pratique culturelle qui consiste pour une veuve, à se remarier avec un des frères de son défunt mari. Il arrive parfois que notre veuve finisse par épouser un des fils aînés de son époux disparu issu de premiers mariages. En Afrique, on a presque tous été témoin direct ou indirect de cette situation et si ce n’est pas le cas, il existe bon nombre de films sur le marché pour en expliquer les rouages. Cette pratique engendre des débats passionnés parmi ceux qui la considèrent comme rétrograde et ses défenseurs attachés à la stricte observance des coutumes ancestrales. Nous sommes, dès lors, en droit de nous poser la question de savoir si le lévirat a encore sa place en Afrique aujourd’hui.
Le Lévirat en Afrique : une coutume ancrée dans l’histoire du continent.
Du Cameroun à la tribu Dinkas du Soudan du Sud en passant par la Somalie, le Zimbabwe … Le lévirat compte de nombreux adeptes disséminés dans toute l’Afrique. Ce qu’il faut savoir c’est que c’est une pratique qui puise ses sources et sa cause dans une époque très lointaine du continent.
Et pour cause, la pratique du lévirat a assuré un rôle social et familial pour les clans africains tout au long de l’histoire dans la mesure où il offrait à la veuve de conserver son statut au sein de la famille élargie, lui offrant ainsi une certaine sécurité car souvent financièrement vulnérable. Les enfants issus de cette union étaient considérés comme légitimes dans la communauté et contribuaient à la cohésion sociale si chère à la tribu.
Autre aspect cette fois-ci historique du bienfait du lévirat. De manière pratique, et en fonction de l’époque où l’Afrique connaissait un problème dû à une forte mortalité, le lévirat est apparu comme une solution viable. En préservant la descendance dans des sociétés où la continuité de la lignée était cruciale. Le lévirat était considéré par les communautés comme un devoir sacré fondé sur la responsabilité envers les ancêtres et la communauté.
Une pratique de plus en plus critiquée
Seulement voilà, malgré l’enracinement de cette coutume dans la tradition africaine, des voix se lèvent aujourd’hui pour critiquer cette pratique, notamment ces aspects négatifs.
En première position, les associations des droits de femmes en effet, le lévirat peut être considéré comme une atteinte aux droits de la femme, bien qu’il soit une pratique sociale relativement acceptée par les femmes qui le vivent. Dans une époque luttant continuellement pour l’égalité des sexes entre hommes et femmes, le lévirat a des allures de pratique rétrograde et contraignante. Dans le lévirat, la femme n’a pas le droit de disposer de l’héritage de son mari par elle-même. De ce fait, cela constitue une entrave à sa liberté. On assiste parfois même en cas de refus de se plier à la coutume, la veuve et ses enfants se trouvent privés de l’héritage de son mari et poussés vers la sortie : à la rue.
Par ailleurs, le lévirat peut se révéler problématique, exposant ceux qui le pratique à des maladies sexuellement transmissibles comme le VIH/ SIDA car un changement de partenaire n’est pas toujours une chose simple.
L’Afrique est de nos jours un continent dynamique. Jeune de par sa population qui connaît des mutations au sein de sa société. Elle tend manifestement plus à s’accommoder aux normes contemporaines plutôt qu’à se conformer aux coutumes anciennes parfois jugées sévèrement par les autres civilisations plus développées.
CONCLUSION
En définitive, ce qu’il faut retenir c’est que lévirat est une pratique qui faisait partie des habitudes des tribus en Afrique. Elle répondait à un besoin explicite et constituait un des socles sociaux régissant la vie en société. Mais l’homme étant le fruit de son époque, cet usage, au vue des réalités actuelles, a du mal à survivre dans un Afrique qui bouge et qui aspire à plus de liberté. Il est clair que l’Afrique a besoin de repenser ces coutumes pour qu’elles puissent cadrer avec la mentalité actuelle par peur de disparaître complètement.
