Le résumé
L’alphabet adlam est apparu dans les années 1980, conçu pour écrire la langue peule par les frères guinéens Ibrahima et Abdoulaye Barry afin de pallier les limites des écritures arabe et latin. Son succès a été rapide et a été soutenu depuis par les efforts de nombreux groupes et individus. L’exactitude et les liens culturels d’adlam permettent d’élever l’identité des fulanis et d’augmenter le taux d’alphabétisation. Cependant, il se heurte à des obstacles tels que la dépendance à l’égard des écritures existantes. L’histoire de cet alphabet souligne la nécessité et la potentielle des alphabets similaires et l’importance de la langue en préservant l’histoire et la culture à travers les communautés diverses.
Qu’est-ce que l’adlam ?
En Afrique, près de 40 millions de personnes parlent la langue peul (également connue sous les noms de pular et fulfulde)
Depuis le 11ème siècle, avec l’arrivée de l’Islam, les locuteurs de peul ont utilisé l’alphabet arabe. Cependant, la différence de sonorité entre le peul et l’arabe signifie qu’un système d’écriture basé sur l’écriture arabe réduit la clarté. Dans les années 1980, on a commencé à utiliser l’alphabet latin, mais sans standardisation. L’échange de matériel de lecture entre les communautés des interlocuteurs de peul a souvent posé des problèmes.
La création de l’alphabet adlam
En 1990, en tenant compte des faiblesses de ces écritures, les frères guinéens Ibrahima et Abdoulaye Barry, ont commencé par imaginer des formes qui, selon eux, représentaient les sons et ont produit des graphèmes (lettres) pour chacun d’entre eux. Les deux frères ont été testés séparément sur la lecture et l’écriture de cet alphabet. Ce qu’ils ont lu et écrit était exactement le même – cet alphabet fonctionnait manifestement. On a décidé sur le nom adlam pour l’alphabet, qui, outre les sons des quatre premières lettres de l’alphabet, signifie Alkule Dandayɗe Leñol Mulugol qui signifie « l’alphabet qui protège les peuples de la disparition », et c’est exactement l’objectif : donner aux personnes qui parlent le peul un alphabet qui leur convienne et renforcer leur sentiment d’identité et de fierté à l’égard de leur langue.
Est-ce que la création de ce nouvel alphabet a succédé ?
La diffusion de ce texte a été rapide et impressionnante. Le premier apprenant a été la sœur des deux frères, puis leurs camarades de classe qui ont contribué à la transmission, qui s’est rapidement étendue aux locuteurs de fulani de tous âges en Guinée et au-delà.
Cet effort a également été amélioré ces dernières années par des organisations telles que Winden Jangen, qui transcrit en alphabet adlam des documents écrits en peul en arabe ou en latin. En outre, des documents éducatifs sont disponibles sur YouTube ainsi que sur des applications Android pour apprendre l’écriture, et il existe maintenant des applications qui permettent d’écrire dans cette écriture.
Par rapport à d’autres écritures, l’adlam est plus précis et plus clair pour écrire la langue peule et a permis d’améliorer les taux d’alphabétisation parmi les locuteurs de fulani. Les nouvelles révisions s’inspirent des motifs et dessins textiles traditionnels, intégrant l’histoire et la culture dans les lettres mêmes.
Quels sont les obstacles à la réussite ?
Si l’importance de cette écriture est reconnue par beaucoup, la réalité est qu’elle a besoin du soutien des locuteurs de fulani pour survivre et s’épanouir. Les documents en langue peul sont disponibles en alphabets latins et arabes et il est donc parfois plus facile de les utiliser que l’alphabet adlam. Cependant, l’utilisation de cette écriture crée une cohésion entre les locuteurs et une représentation précise de la richesse de la diversité de la langue.
Conclusion
Selon l’UN, la diversité linguistique énorme en Afrique est en danger. Il est important de trouver des moyens de préserver la culture, la mémoire et le patrimoine innés de ces langues, et un système d’écriture comme l’adlam, qui permet une expression écrite précise et conserve la valeur de la langue en son cœur, est essentiel dans cet effort.
