INTRODUCTION
Le Burkina Faso est doté d’une culture riche et diversifiée. Sa population se caractérise par de nombreuses valeurs humaines et sociales, qu’elle prône au quotidien. Ainsi, lors de la saison hivernale, des travaux de solidarité appelés «sossoaga» en langue « mooré », sont organisés chez les « mossi ». C’est une pratique qui vise à cultiver l’esprit d’entraide entre les différentes communautés.
Les »mossi » sont un groupe ethnique majeur, présent au Burkina Faso. Les travaux de solidarité ou «sossoaga» sont une pratique très prisée au sein de cette société. Il s’agit tout d’abord pour une famille donnée, de mobiliser un grand nombre de personnes dans un village donné ou issu de différentes localités. Pour ce faire, la tâche est confiée aux enfants, jeunes et crieurs publics appelés « sossoama ». Ces derniers sont chargés de donner l’information sur la tenue éventuelle et le motif des travaux de solidarité, une semaine à l’avance ou plus. En effet, le «sossoaga» concerne généralement les travaux champêtres tels que le défrichage ou la récolte. Les enfants passent dans chaque concession, à la tombée de la nuit pour relayer le message. Les crieurs publics, quant à eux, se rendent le jour de marché dans les communautés voisines pour les inviter à y prendre part. Lorsqu’arrive le jour des travaux de solidarité, hommes, femmes et enfants se rendent tous au lieu indiqué pour aider leurs confrères. Ils sont accompagnés des tambours et des chants des griots qui louent leur acte d’entraide.
Un facteur d’harmonie
Le «sossoaga» favorise l’union entre les populations, en ce sens que tout le monde se rassemble pour la même cause. Le fait d’aider l’autre développe l’esprit d’entraide et inculque aux plus jeunes l’importance de la solidarité. Il permet également de cultiver l’esprit de tolérance. En travaillant ensemble, on apprend à connaître son prochain, son histoire, à savoir que nul n’est supérieur à l’autre et surtout à respecter sa différence. C’est un moyen de resserrer les liens entre les différentes communautés, car il permet de briser toute forme de barrières liées à nos différences.
Un moment de rapprochement
À la fin des travaux, la famille hôte offre un repas communautaire à tous les participants pour les remercier. Ensemble, ils partagent leurs plats en discutant sur les faits qui ont marqué le village, en interagissant sur leur vécu et en se remémorant les souvenirs. Dans la bonne entente, les habitants échangent sur diverses thématiques, donnent leurs opinions et trouvent des solutions aux problématiques concernant la localité. C’est l’occasion pour renforcer le vivre-ensemble et créer un bon climat de confiance entre les habitants.
CONCLUSION
Le «sossoaga» est une pratique culturelle qui permet de fédérer les différentes communautés. Il enseigne aux individus la culture de la solidarité, l’empathie et l’amour pour son prochain. Sa pratique contribue à renforcer la cohésion sociale au sein des communautés et à construire une nation prospère.
