Introduction
Donner naissance peut être beau, mais pour celles qui rentrent chez elles avec un bébé dans les mains et une douleur supplémentaire, la joie peut rapidement se transformer en cauchemar.Parmi les grandes maladies tenues dans le secret qui polluent la vie des femmes et retardent leur plein développement figure la fistule obstétricale. Après l’accouchement, certaines femmes doivent encore faire face aux railleries . Des conséquences mesurables non seulement d’un point de vue médical, mais aussi d’un point de vue psychologique, social et surtout économique pour celles qui sont souvent démunies. C’est le début des malheurs.
La fistule obstétricale n’est pas une maladie de la honte
Après avoir contracté une fistule obstétricale, de nombreux témoignages des femmes rapportent des moqueries dans leurs communautés dans lesquelles certaines opinions les considèrent comme étant sorcières. Une fistule obstétricale est une ouverture qui se forme entre le canal génital et la vessie ou l’anus après un accouchement difficile. Elle est due à plusieurs facteurs, notamment le manque d’information, les grossesses précoces, l’analphabétisme, le manque d’accès aux soins de santé, les barrières socioculturelles, les mariages précoces et forcés d’après un site spécialisé. La conséquence directe de est la fuite incontrôlée d’urines et/ou de selles. Pour les femmes qui contractent cette maladie, le quotidien se résume dès les premiers moments à des toilettes intensives. Et le plus grand mal auquel elles doivent faire face reste le regard de la société, qui trop souvent juge. Majoritairement, les femmes qui contractent cette maladie accouchent d’un mort né. Et pour certaines sociétés c’est un motif d’exclusion. Ces femmes sont de ce fait chassées de leurs sociétés, de leurs familles à cause de leurs conditions. Certaines voient même leurs foyers détruits.
Nous sommes en 2023 et il est inimaginable qu’une fistule obstetricale bloque le plein épanouissement d’une femme. Selon des données fournies par les spécialistes, 80 à 90 % des fistules obstétricales peuvent être guéries par la chirurgie. Par conséquent, un certain nombre de prédispositions facilitant l’accès des femmes à ces services sont déjà observées au Togo, au Bénin, en Côte d’Ivoire, en Gambie, au Burkina Faso où le mal sévit de plus en plus depuis 2018. A l’heure actuelle, le Togo est en pleine mise en œuvre de son plan numéro 2 sur l’élimination de la fistule. Dans la même logique, le pays dispose d’une loi nationale sur la santé génésique qui prévoit la gratuité du traitement de la fistule d’après l’UNFPA.
Quelques actions de plus à entreprendre pour mettre fin à la fistule obstétricale en Afrique
Premièrement, la détermination doit venir des différentes communautés pour reconnaître que la fistule obstétricale n’a pas de connotation satanique. Les États doivent aussi veiller à la mise en place de centres de santé dans toutes les contrées, qui permettront aux femmes d’accéder rapidement à des services sanitaires. De plus, la sensibilisation à la maladie est l’un des facteurs les plus importants sur lequel il faut s’appesantir. Par ailleurs, former le personnel capable de réparer les femmes atteintes de la fistule obstétricale et enfin mettre en place pour elles, des organismes destinés à les aider dans leur réinsertion favorisera sans doute, une meilleure prise en charge de ces femmes. A ce jour, il est difficile de quantifier le nombre de femmes atteintes par le mal ou encore celles traitées au Togo, mais on sait qu’ une enquête démographique et sanitaire réalisée en 2013, avait révélée que plus de 18 000 en âge de procréer dans le pays en souffraient.
Conclusion
Aucune femme ne choisit délibérément d’avoir une fistule obstétricale, il est donc important de les accompagner en mettant en place des cadres d’écoute, de réparation et de réinsertion à leur actif. De plus, ce mal peut être évité en suivant certaines règles simples comme par exemple, consulter un professionnel dès le début des premiers mois de la grossesse pour un suivi plus efficace. À ce jour, le non traitement resterait le plus grand obstacle à l’éradication de la maladie.
