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Elderly Health Care

CONTEXTE DE RÉSIDENCE ET INEGALITE DE RECOURS AUX SOINS MODERNES DE SANTÉ CHEZ LES PERSONNES GÉES AU CAMEROUN

Introduction 

La bonne santé et un niveau élevé d’éducation constituent deux indicateurs objectivement vérifiables du niveau de développement d’une société. Au Cameroun, si le taux d’alphabétisation est au-dessus de 75% en général, la couverture sanitaire quant à elle reste à la traîne. Dans un contexte marqué par la persistance de la pauvreté généralisée des ménages et des familles, d’instabilité politique dans certaines régions, d’absence de couverture sociale (et donc sanitaire) pour les populations y compris les personnes âgées, d’insuffisance de structures sanitaires spécialisées en soins gériatriques, de précarité de l’emploi, l’on peut s’interroger sur les facteurs qui contribuent aux recours aux soins de santé chez ces dernières. 

La trajectoire de santé des vieux

Sachant que la gratuité des soins chez les personnes âgées n’est pas une réalité, que les centres urbains concentrent l’essentiel des formations sanitaires existantes, et qu’à ce cocktail d’inégalité déjà bien amère y compris la montée des effectifs des personnes âgées, il urge dès maintenant de s’interroger sur les mécanismes d’actions conduisant à ce constat. L’indice de vieillesse au Cameroun oscille autour de 5%, et environ le tiers de personnes âgées continuent d’être en activité pour subvenir aux besoins de leur famille nombreuse et multigénérationnelle. En effet, les personnes âgées pratiquent un mode de cohabitation qu’on pourrait qualifier de « gagnant-gagnant » dans la mesure où elles bénéficient de leur entourage un soutien dans leur trajectoire de santé. Comment le dualisme urbain-rural est un facteur d’inégalité de soins modernes de santé chez ces derniers. 

Les soins de santé des vieux dans les grandes villes et ailleurs

Une analyse permet de distinguer deux groupes. Le premier groupe est constitué des personnes âgées qui recourent aux soins de santé. Elles sont majoritairement migrantes, résident dans les deux grandes agglomérations (Douala, Yaoundé) et donc dans les centres urbains, de sexe masculin, retraitées et hébergées, ayant un niveau d’instruction secondaire ou supérieur, âgées de 60 à 69 ans travaillent en tant qu’employé ou cadre supérieur, vivent en union et sont chrétiennes, sont apparentées au chef de ménage. Le second groupe est constitué des personnes âgées qui ne recourent pas aux soins de santé.

Elles sont majoritairement non migrantes, résident dans le grand-Nord et le grand-Centre, vivent en milieu rural, sont de sexe féminin, ne sont pas hébergées, ont un niveau d’instruction primaire, âgées de plus de 70 ans et plus, travaillent à leur propre compte (personnel) dans le secteur agricole et, maritalement parlant sont célibataires veufs ou séparées et sont soit de religion musulmane ou d’autres religion. Elles sont majoritairement issues des ménages de petites tailles (ou alors isolés) d’une seule génération, de niveau de vie pauvre dans lesquels on dénombre en moyenne plus de 50% de personnes âgées, et où plus de la moitié des membres du ménage travaille dont elles en sont chefs travaille. Elles sont majoritairement issues des ménages de grande taille comprenant trois et de quatre générations, de niveau de vie riche, dans lesquels on dénombre en moyenne moins de 25% de personnes âgées, et où moins de la moitié des membres du ménage travaille.

Deux faits marquants

Une analyse plus approfondie du contexte de résidence et du recours aux soins de santé  oriente la prise de décision en matière de santé au Cameroun. L’analyse de la quatrième Enquête  auprès des Ménages (ECAM4) est assez révélatrice sur ce fait. Deux des faits saillants étant que : dans les grandes villes du Cameroun, seulement la moitié des personnes âgées  modernes sont en bonne santé. Aussi, les personnes âgées « veufs » et propriétaires fonciers recourent mieux aux centres de santé urbains et ruraux du fait de leur relative aisance financière.

En conclusion : l’urgence d’agir pour la santé des vieux

 l’État du Cameroun dans sa politique de décentralisation amorcée doit absolument favoriser l’accès (géographique et financier) aux soins gériatriques aussi bien dans les deux grandes agglomérations que dans les autres régions. De plus, des mesures sociales et économiques adossées au code du travail et visant l’accompagnement durable de la population active jeune d’aujourd’hui seraient les bienvenues car, ces jeunes sont à coup sûr les aînés de demain. 

Maurice Noupeu

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