En conversation avec Emmanuel Bekoe, un environnementaliste ghanéen

Emmanuel Bekoe est un environnementaliste ghanéen et le fondateur de Astute Volunteers Ghana. Right for Education a parlé avec lui de l’état de la pollution plastique à Accra, et comment on peut s’attaquer à ce problème.

R:Ed : Pouvez-vous nous parler de vous et de votre travail ?

Je m’appelle Emmanuel Bekoe. Je vis à Accra, au Ghana, et j’ai fondé Astute Volunteers Ghana. Nous avons pour but de relever les défis posés par les déchets plastiques à Accra et dans d’autres régions du Ghana.

R:Ed : Pouvez-vous nous parler de l’état actuel de la pollution du plastique à Accra et au Ghana ?

Nous produisons actuellement environ 1 million de tonnes de déchets plastiques par an au Ghana. A Accra, cette question touche particulièrement nos plages et notre système éco-marin. Quand j’allais à la plage avant COVID-19 et je voulais aller dans l’eau, c’était difficile à cause de la quantité de déchets.

Ce problème ne se limite pas aux plages. Lorsque vous conduisez dans la rue, vous voyez du plastique voler partout. Il y a également beaucoup de pollution dans les gouttières des égouts, ce qui peut provoquer de graves inondations. Il y a quelques années, un incendie s’est déclaré dans l’un des endroits les plus sales d’Accra (près de l’autoroute Dr Kwame

Nkrumah) qui a causé la mort de 125 personnes – et cette propagation est due à la pollution des plastiques. J’ai décidé d’essayer de m’attaquer à ce problème par le biais de l’organisation que j’ai fondée.

R:Ed : Vu l’importance de cette question, comment pouvons-nous nous attaquer aux causes profondes de la pollution plastique ?

Tout d’abord, l’éducation est primordiale. Beaucoup de gens ne savent pas comment recycler ou quoi faire avec les plastiques. Les jeunes, en particulier, doivent savoir comment mieux prendre soin de l’environnement. Nous tentons donc de travailler avec le Ministère de l’éducation du Ghana pour intégrer les études écologiques dans les programmes scolaires. En attendant, en tant qu’organisation bénévole, nous formons des jeunes personnes pour aider à réduire la pollution par le plastique. Outre l’éducation, nous avons également besoin d’une meilleure technologie pour recycler les plastiques. Nous ne pouvons pas tout recycler, il nous faut donc des moyens innovants de réutiliser le reste.

Deuxièmement, nous devons également réfléchir à notre utilisation des sacs “d’eau pure ». Ils sont bon marché et fournissent également à chaque personne au Ghana une source d’eau potable sûre, propre et portable. Cependant, ce sont aussi les déchets plastiques les plus courants que vous voyez lorsque vous sortez dans la rue. Les forages ou puits communautaires mécanisés sont une alternative importante aux puits « purs ». Ils permettent aux gens d’avoir un accès facile à de l’eau potable, propre et gratuite, tout en réduisant la quantité de déchets plastiques que nous produisons. Une partie de notre travail consiste à réparer ou à installer ces forages.

R:Ed : Quel est l’équilibre entre la responsabilité des individus, celle des entreprises et celle des l’action gouvernementale ?

Les deux sont très importantes pour réduire les niveaux de déchets plastiques. Cependant, les individus ne peuvent que commencer à prendre leurs responsabilités lorsqu’ils ont été sensibilisés à l’importance du recyclage des plastiques et les entreprises ou le gouvernement mettent en place d’autres systèmes, tels que des points d’élimination des déchets dans les villes ou des centres urbains.

Il existe de nombreuses usines de recyclage du plastique à Accra, mais le problème est que la demande de plastique est élevé. Les gens ne connaissent pas l’importance du recyclage, ils contribuent donc à la pollution des plastiques. Le gouvernement pourrait donc adopter un projet de loi taxant les achats de plastique. Des mesures d’application strictes doivent être mis en place. D’ici là, même s’ils construisent davantage de poubelles dans les rues, le problème persistera. C’est pourquoi l’éducation est si importante.

R:Ed : Quels sont les pays d’Afrique qui ont pris des mesures pour lutter contre la pollution par le plastique ? Quels sont quelques succès africains ?

Je pense que le Rwanda s’attaque bien à ce problème. Chaque matin, les gens nettoient la plage, les égouts et les gouttières. Cela contribue également à l’emploi dans le pays. Le gouvernement dispose de nombreuses lois écologiques également. En dehors de l’Afrique, les États-Unis, le Royaume-Uni et la Malaisie sont des exemples positifs.

Marwin Ramos

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