En conversation avec Lem Ngongalah de CORE Africa, une organisation qui soutient la recherche africaine !

Lem Ngongalah est un universitaire camerounais également fondateur de CORE Africa, une organisation destinée à soutenir qui les recherches des universitaires africains. R: Ed a rencontré Lem à Reimagine Education à Londres pour discuter de son travail et de l’avenir des travaux de recherche à travers l’Afrique.

R: Ed: Pourriez-vous nous présenter brièvement votre titre et votre travail?

Je m’appel Lem Ngongalah et je suis le fondateur de CORE Africa. En ce moment, je termine mon doctorat à l’Université de Newcastle tout en dirigeant le programme. L’organisation est basée au Cameroun et est également présente au Royaume-Uni.

R: Ed: Pouvez-vous nous expliquer ce que fait CORE Africa et en quoi consiste votre rôle de coordinateur de programme et co-fondateur?

Bien sur. CORE Africa est une organisation qui a pour but de sensibiliser le public à l’importance de la recherche en Afrique. En étant étudiant, j’ai remarqué que la plupart des africains n’étaient pas sensibles à l’importance de la recherche en Afrique. Ce phénomène constitue un obstacle pour chercheurs qui parviennent difficilement à trouver des personnes compétentes et des moyens de financement. Le premier objectif de CORE Africa est donc tout d’abord de faire prendre conscience au public de l’importance de la recherche en général. Nous avons des programmes pour différentes cohortes d’étudiants. Nos programmes pour les élèves du secondaire se rapportent à leurs connaissances générales de la recherche et leur explique à quoi servent les chercheurs et pourquoi eux aussi devraient faire de la recherche à l’université. Pour les étudiants universitaires, nous organisons un programme de mentorat qui les guide dans la réalisation de leurs projets de recherche et les aide à comprendre pourquoi il est nécessaire de partager leurs résultats de recherche par le biais de conférences et de publications. Nous les guidons aussi dans le processus de publication.

R: Ed: Avec le programme de mentorat pour les étudiants universitaires et les étudiants du secondaire, le problème que vous essayez de résoudre est le faible taux de publication de la recherche. De quoi cela provient-il ? Quelles en sont les principales causes et comment relevez-vous ces défis?

Il existe des statistiques sur le nombre de publications des pays africains en général. Je viens du milieu de la santé, et lorsque vous regardez les projets qui influencent les soins de santé en Afrique, ils sont principalement dirigés par des chercheurs étrangers, nous devons donc développer davantage de solutions locales. Nous ne pouvons pas continuer à compter sur chercheurs étrangers pour nous aider à résoudre les problèmes africains. Nous avons besoin que les Africains participent au processus au lieu d’attendre que l’aide vienne d’ailleurs. Il faut que nous prenions nos responsabilités pour résoudre nos problèmes.

R: Ed: Vous avez mentionné que votre organisation est basée au Cameroun et qu’elle a des liens avec le pays, mais vous travaillez également à travers l’Afrique. Avez-vous constaté certaines régions ou pays sous-représentés en termes de capacité de recherche, et comment relevez-vous ces défis?

Je pense que le seul pays qui est vraiment bien représenté en matière de recherche en Afrique est l’Afrique du Sud, le Nigeria se porte bien aussi. D’autres pays comme le Cameroun, les pays d’Afrique centrale ou d’Afrique de l’Ouest ne sont pas pratiquement pas représentés. Ces pays ont beaucoup de chercheurs qui conduisent des recherches de mauvaise qualité. Parfois leur travail n’est pas suffisamment ciblé, dans d’autres cas les résultats de la recherche ne sont pas publiés ou ne servent à rien.

Nous abordons le problème en partant de zéro – nous renforçons les capacités de recherche des étudiants africains, qui sont de futurs chercheurs. Nous travaillons également à créer un environnement propice à la recherche dans les pays africains.

R: Ed: Je suppose qu’avec le travail que vous faites, il existe une relation entre CORE Africa et les universités africaines. Comment cela fonctionne-t-il? Comment les deux institutions interagissent-elles?

Oui. Ce que nous faisons, c’est que nous parlons avec les dirigeants des universités et leur expliquons comment les publications des étudiants peuvent améliorer le profil de leur établissement. Les universités ne veulent pas que les étudiants perdent leur temps à travailler sur leurs projets de recherche sans que les résultats ne voient jamais le jour. Les étudiants universitaires peuvent faire des stages par notre intermédiaire et nous les encadrons. Nous aidons aussi les directeurs de recherche débordés qui encadrent les étudiants afin de faciliter le travail des étudiants qui sont souvent livrés à eux mêmes. Nous sommes donc en quelque sorte un intermédiaire entre les étudiants et le directeur de recherche.

R: Ed: La mission de CORE Africa de renforcer la capacité de recherche en Afrique est une entreprise à plus long terme. Dans cet esprit, dans un monde idéal, à quoi ressemblerait le système d’enseignement supérieur en matière de recherche dans 10 ans?

Dans un monde idéal, nous voulons que les élèves qui quittent l’école comprennent pourquoi ils doivent faire des recherches. Nous avons fait une étude au cours de laquelle nous avons demandé aux étudiants ce qu’ils pensaient de la recherche. Ils ont dit des choses comme: «C’est quelque chose que je dois faire, je ne sais pas pourquoi je dois le faire, je ne l’aime pas, je pense que ce n’est pas intéressant, je pense que c’est difficile». Notre second souhait serait qu’ils comprennent pourquoi la recherche est importante. Nous voulons qu’ils pensent à des choses comme: s’ils avaient le pouvoir de changer quelque chose dans leur société, que changeraient-ils? Nous voulons qu’ils prennent l’habitude d’observer et de remettre en question ce qui se passe autour d’eux. Par conséquent, au moment d’arriver à l’université, ils auront cette connaissance de base de l’importance de la recherche. À l’université, nous voulons que les étudiants soient mieux soutenus dans leurs recherches. La recherche devrait être quelque chose que vous faites parce que vous êtes passionné par ce que vous faites et parce que vos résultats pourraient influencer votre société. Nous voulons que les étudiants se sentent plus soutenus lorsqu’ils font de la recherche, et nous espérons que les résultats de recherche des pays africains augmenteront.

R: Ed: Nous espérons que ce sera le cas! Etant donné que vous êtes pionnier dans un projet comme celui-ci, quelles sont vos sources d’inspiration au quotidien?

Les résultats sont ma principale source d’inspiration. Si je travaille sur quelque chose et que je vois des résultats positifs, ça me fait avancer. Je vois aussi comment les choses ont évolué avec le temps. Nous avons développé une plateforme à partir d’une idée. Je me souviens encore du début, quand nous n’avions qu’une seule personne qui nous suivait sur les réseaux sociaux. Je me souviens aussi de ce à quoi nous pensions: que pouvons nous faire pour que les élèves nous aiment et pensent à ce que nous faisons? Nous comptons aujourd’hui plus de 3000 abonnés. Tous les jours, des étudiants nous écrivent pour nous dire qu’avant de connaître CORE Africa Ils n’avaient rien lu à propos de la recherche mais que grâce à nous ils s’y intéressent. Je vois donc des résultats et cela me motive à en faire plus.

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