Dr Jemilah Mahmood: Nouvelles de la Fédération internationale de la Croix-Rouge

Je m’appelle Jamila Mahmoud, je suis sous-secrétaire générale aux partenariats à la Fédération internationale de la Croix-Rouge et aux sociétés affiliées. Mon organisation, que je simplifie à la FICR, est une organisation composée de membres. C’est le plus vieux et plus grand réseau humanitaire du monde. Nous célébrons nos 100 ans cette année. Notre organisation compte 192 Sociétés nationales de la Croix-Rouge basées aux quatre coins du monde.

Notre travail repose sur 4 principes fondamentaux : humanité, impartialité, neutralité et indépendance. Avec nos volontaires, nous croyons en l’esprit de volontariat, l’unité et l’universalité. Notre organisation compte 14 millions de volontaires à travers le monde. Environ la moitié d’entre eux sont des jeunes.

QUELLES ACTIONS MENEZ-VOUS EN AFRIQUE? QUELS SONT LES DÉFIS AUXQUELS VOUS ÊTES CONFRONTÉS?

La population africaine et très jeune. Ceci est un paradoxe car la jeunesse qui représente l’avenir du contient doit faire face à des défis environnementaux majeurs tels que les conséquences du changement climatique sur la sécheresse, les inondations et les cyclones.  L’Afrique compte également plusieurs zones de conflit et de nombreuses régions non développées qui souffrent de la pauvreté. Selon moi l’Afrique est une terre d’opportunité. Avec tous ces défis et ces merveilleux jeunes sur le continent, je pense la jeunesse peut faire une énorme différence. Et je pense que les femmes africaines sont particulièrement fortes et peuvent vraiment contribuer au développement de l’Afrique.

Le travail de la Fédération consiste à préparer les sociétés africaines à faire face aux défis auxquels elles sont confrontées afin qu’elles y répondent efficacement. L’autre domaine qui nous inquiète vraiment en Afrique est évidemment le problème récurant pandémies. Les épisodes d’Ebola se répètent à travers l’Afrique. Nous devons constamment veiller à ce que nos bénévoles, nos bénéficiaires et notre personnel soient capables de faire les choses.

Je veux concentrer mes efforts sur les volontaires parce que je pense que leur force aura un impact crucial pour l’avenir de l’Afrique. Je les ai vus en action lorsque de ma visite au Mozambique la semaine dernière. La région a été touchée par deux cyclones. Il y avait beaucoup de volontaires, des jeunes femmes et hommes qui voulaient aider la société. Leur travail consiste, entre autres, à enseigner aux enfants à se laver les mains pour ne pas attraper le choléra, à fournir un soutien psychosocial et à aider les gens à garder leur maison.

Je pense que l’éducation changera l’Afrique. Je pense que l’Afrique traverse une période très excitante qui affecte les différentes régions avec un impact plus ou moins fort. En Afrique de l’Est, par exemple, les télécommunications et les économies numériques sont en plein développement. Je pense que nous devons exploiter cette opportunité pour l’Afrique.

En tant que fédération, nous envisageons de renforcer les mesures de prévention plutôt que de continuer à réagir aux catastrophes. Pour renforcer la prévention, nous avons besoin de leaders courageux. Des communautés unies sont le socle des pays forts. Pour survivre elles doivent savoir comment maintenir durablement leurs organisations et fonctionner grâce à un bon mécanisme de collecte de fonds. Cela nécessite des compétences de leadership, de développement et de compétences de gestion qui sont importantes.

Notre marque nous aide à mener nos actions à bien. Partout dans le monde, vous voyez une croix rouge. Cela signifie la confiance, l’espoir et qu’il y a une place pour n’importe qui, n’importe quel étranger venir nous avoir et être sûr que quelqu’un s’occupera d’eux. La personne qui les reçoit peut être une personne qui se trouve dans la même situation qu’eux. Parmi nos bénévoles, nombreux sont des personnes touchées par une crise, mais qui en sortent et souhaitent contribuer.

QUELS AVANTAGES Y A T-IL À FAIRE DU BÉNÉVOLAT POUR VOTRE ORGANISATION?

La plupart de nos bénévoles ne sont payés que par de petites allocations, une sorte d’argent de poche pour couvrir leurs repas. La majeure partie de nos volontaires n’est pas payé, mais cela peut varier selon les missions.

COMMENT COMMUNIQUEZ-VOUS SUR LE CONTINENT AFRICAIN?

Nous communiquons de plusieurs façons. Tout d’abord, notre organisation fonctionne de manière décentralisée. C’est à dire que nous avons des bureaux régionaux et nationaux ainsi que des responsables de régions. Chaque bureau s’occupe de développer des réseaux locaux. Je pense que le développement des réseaux sociaux et des télécommunications mobiles nous ont vraiment aidés. Par exemple, nous avons une page Facebook pour les volontaires et une page Facebook qui dit aux gens ce que nous faisons. Bien sûr, nous utilisons les emails conventionnels et les supports papier. Mais de plus en plus, nous utilisons Twitter, Tick tock et Instagram, sans oublier les canaux classiques comme la radio et la télévision.

La Croix-Rouge au Kenya est un très bon exemple d’organisation nationale forte, durable et dotée d’un leadership fantastique. Le nouveau secrétaire général est une femme. Ils ont même une chaîne de télévision appelée Switch TV, où ils engagent les jeunes sur des valeurs positives. Ils ont également un hôtel, une école de gestion hôtelière et une école de cuisine offrant des possibilités aux jeunes.

COMMENT COMMUNIQUEZ-VOUS AVEC LES RÉFUGIÉS?

Nous sommes responsable de l’engagement de la communauté des réfugiés et des personnes déplacées. Notre rôle n’est pas de communiquer avec eux mais plutôt de les écouter. Je pense que les gens oublient trop souvent que la communication est une rue à double sens. Par conséquent, rencontrer les communautés et les aider à nous guider sur le type de programmation dont nous avons besoin, leur demander leur avis et ajuster ensuite nos programmes en fonction de leurs réactions est essentiel.

Image de medium.com

Marwin Ramos

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