Langues vivantes: Sauver les langues africaines en danger

Une langue est en danger lorsqu’elle risque de ne plus être parlée. Un tel scénario se produit lorsque les locuteurs meurent ou oublient le langue au profit d’une autre. Les langues en danger peuvent devenir «mortes» quand il n’y a plus de locuteurs natifs ou «éteintes» quand personne ne parle la langue du tout.

L’Afrique est le deuxième continent le plus peuplé du monde, avec plus d’un milliard d’habitants. Il présente la plus grande diversité linguistique, avec environ 2000 langues différentes. Malheureusement, au moins 52 langues ont déjà disparu du continent et 200 à 300 d’entre elles sont en voie de disparition.

L’anglais, le français, le swahili ou même le bantou ont été historiquement adoptés en tant que lingua franca (langue systématiquement adoptée comme langue commune pour la communication entre personnes de langue maternelle différente). Ces langues sont enseignées en classe ou utilisées comme langue nationale. Malgré tout, il y a de l’espoir grâce aux efforts récents pour relancer et revitaliser les langues en danger

POURQUOI LES LANGES SONT-ELLES IMPORTANTES?

La langue et l’identité culturelle sont indissociables. Les langues sont bien plus qu’un simple moyen de communication. Chaque langue exprime des idées avec une manière particulière. Ces significations sont souvent uniques car elles sont liées à des modes de vie ou à des expériences spécifiques à une ethnie ou à une société.

Par exemple, le mot «pôle» en kiswahili tanzanien symbolise la valeur de l’empathie dans la société tanzanienne. Bien qu’il puisse être traduit en anglais par «I am Sorry», il procure un sentiment plus profond d’empathie, comparable à dire: «Je reconnais votre souffrance». Certains mots n’ont pas d’expressions équivalentes dans d’autres langues, comme «hanyauku», qui signifie «marcher sur la pointe des pieds sur le sable chaud» à Rukwangali (Namibie). Les mots peuvent donc représenter ce qui est considéré comme significatif au sein d’une culture.

QUE POUVONS-NOUS FAIRE SAUVER LES LANGUES?

Beaucoup de langues africaines n’ont été transmises qu’oralement. Pour les conserver, elles doivent être enregistrées. La création d’un système écrit pour la langue facilite son partage, son apprentissage et son enseignement précis. Cela a été fait pour le n|uu, une langue d’Afrique australe. Avec l’aide de linguistes, Mme Katrina Esau a créé un alphabet et des règles de base pour la grammaire. Mme Esau est l’un des trois derniers locuteurs à parler le N|uu. Elle enseigne maintenant la langue aux enfants sān.

Des organisations locales et gouvernementales peuvent également être créées pour préserver et promouvoir les langues en danger. Le Centre d’études sur les langues et la culture autochtones (CILACS), créé par l’Organisation de sensibilisation Simba Maasai (OSSM), en est un exemple. CILACS utilise des méthodes académiques et expérientielles pour documenter la langue Maa et la culture Maasai pour les générations futures. Ils compilent des vidéos, des clips audio et des publications sur les pratiques culturelles et les valeurs communautaires. Le Centre utilise également des programmes d’échange pour promouvoir une meilleure compréhension de la culture masaï. À l’échelle internationale, CILACS utilise ses recherches pour faire pression et plaider en faveur de politiques plus favorables.

En fin de compte, la multitude de langues reflète les différences culturelles et historiques à travers l’Afrique. Cette diversité linguistique doit être conservée car il y a toujours une raison de préserver les langues vivantes africaines.

AGATHA LIM

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