Le Flipflopi: la Réponse du Kenya à la Crise Plastique

LA «CRISE PLASTIQUE»

Les discussions autour de la «crise plastique» se sont intensifiées ces dernières années, encourageant une révolte mondiale contre ce matériau nuisible. Le plastique pose un problème car il s’agit d’un matériau synthétique qui se décompose naturellement seulement au bout d’une centaine d’années. Les articles en plastique à usage unique, qui sont utilisés une fois, puis jetés, sont les pires coupables. Le recyclage, où les vieux plastiques sont transformés en quelque chose de nouveau, est le meilleur moyen de réduire le besoin de nouveau plastique. Cependant, on pense que seulement 9% de tout le plastique jamais produit a été recyclé.

Environ 60% du plastique produit dans le monde se retrouve dans une décharge ou dans un environnement naturel. On pense que d’ici 2050, il y aura plus de plastique dans l’océan que de poissons. C’est un problème car les animaux sont piégés dans le plastique ou le consomment, ce qui souvent les blesse ou les tue. Le plastique constitue donc une grave menace pour la vie marine, ainsi que pour les 12 millions d’Africains travaillant dans le secteur de la pêche et pour les nombreux autres qui dépendent des océans pour se nourrir.

QU’EST-CE QUE LE FLIPFLOPI ?

Le ‘Flipflopi’ est un voilier traditionnel Dhow, entièrement fabriqué à partir de déchets plastiques. Les activistes écologistes du Kenya ont collecté plus de 10 tonnes de plastique sur les plages de l’île de Lamu pour constituer un bateau pleinement opérationnel. Les dhows, avec leurs grandes voiles triangulaires, sont des pièces emblématiques de la culture kenyane datant de 2000 ans. Aujourd’hui, le Dhow transmet des messages environnementaux sur les effets nocifs des déchets plastiques et les avantages du recyclage. Le projet est une première mondiale: un rappel joyeux, coloré et résilient que le recyclage est plus important que jamais.

QUE DÉMONTRENT LES FLIPFLOPIS ?

  1. Pour Dipesh Pabari, l’écologiste kényan qui dirige le projet, le bateau représente un besoin de changement: «L’objectif principal est de s’appuyer sur l’histoire de cette révolution plastique et de continuer à montrer au monde que les articles en plastique à usage unique sont horribles».
  2. Le projet montre également que chaque citoyen peut faire la différence. Toutes les personnes impliquées dans le projet étaient des volontaires. Le financement provenait de dons individuels et de crowdfunding jusqu’à ce que le Programme des Nations Unies pour l’environnement aide à soutenir l’expédition.
  3. Pour le fondateur Ben Morison, le Flipflopi est avant tout une marque de résilience et de fierté africaines. Les matériaux et les techniques utilisés étaient peu techniques et disponibles localement, ce qui montre que tout pays ou peuple peut protéger l’environnement.

DES ESPOIRS POUR L’AVENIR

Les nations de l’Afrique subsaharienne sont des leaders dans la lutte mondiale contre le plastique. Le Kenya a été le premier pays au monde à interdire les sacs en plastique à usage unique en 2017. Le Flipflopi constitue le dernier pas en avant dans le domaine de l’environnement.

Selon le directeur exécutif de l’ONU pour l’environnement, «Le Flipflopi est la preuve vivante que nous pouvons vivre différemment. Cela nous rappelle qu’il est urgent de repenser notre façon de fabriquer, d’utiliser et de gérer le plastique à usage unique ».

Marwin Ramos

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