Les intérêts de la victime et un système judiciaire ouvert – un regard sur le procès de Omotoso

100 cas de violence sexuelle sont signalés tous les jours en Afrique du sud. Des centaines d’autres restent non déclarés. Cette semaine, le procès de Timothy Omotoso, accusé de viol, a été diffusé à la télévision en direct. Il s’agit du premier procès de viol à diffuser et a suscité une attention et une critique généralisées. Ceux qui soutiennent la décision de diffuser le procès font valoir qu’il permet aux personnes de s’engager avec le pouvoir judiciaire et de mieux comprendre le système juridique. Ceux qui s’y opposent ont mis en évidence le contre-interrogatoire agressif de Cheryl Zondi et les dommages potentiels aux campagnes visant à mettre fin à la violence sexiste.

PROCÈS PUBLICS ET ENGAGEMENT POPULAIRE

L’affaire dramatique Oscar Pistorius a été la première à être diffusée publiquement en Afrique du sud. L’argument en faveur était simple. Les tribunaux sont une institution importante pour le public, accessible à tous dans la plupart des cas. La diffusion du procès permet à un plus grand nombre de personnes de s’engager avec leur appareil judiciaire.

Tout accusé doit avoir accès à un avocat. Les bons avocats mènent un contre-interrogatoire vigoureux, parfois agressif. Ceux qui défendent la décision de diffuser l’affaire font valoir que le conseil de la défense s’efforce simplement de donner à son client une représentation adéquate.

PROTECTION DES VICTIMES ET DES TÉMOINS

Les critiques de la décision ont été rapides à éclairer les nombreuses différences entre Pistorius et Omotoso. De manière plus significative, ils font valoir que la diffusion du procès porte atteinte aux droits des victimes et des témoins. Malgré le choix de faire partie du procès, les témoins doivent toujours bénéficier d’un certain degré de vie privée. Le fait de diffuser le procès et de permettre à l’avocat de Omotoso de discréditer et de saper une expérience traumatisante peut être dangereux. Les actions de l’avocat de Omotoso sont humiliantes et peuvent finir par saper la dignité de Cheryl Zondi, mais nous avons tous droit à la dignité.

Si les femmes pensent qu’elles seront publiquement humiliés si elles essaient de prendre la barre, des années de progrès en matière de violence sexiste seront annulées. Avec des centaines de cas non signalés quotidiennement, et un faible taux de condamnation pour la violence sexuelle, l’Afrique du sud ne peut pas prendre un tel risque. Le fait de bloquer la diffusion des procès où des détails très personnels et intimes peuvent être révélés peut être une étape nécessaire, malgré leur intérêt pour l’intérêt public.

INTÉRÊTS ÉQUILIBRÉS

L’avocat de Omotoso a reçu de nombreuses critiques. Sur les médias sociaux, des milliers de personnes ont exprimé leur soutien à Cheryl Zondi, exprimant des inquiétudes quant à la façon dont elle a été interrogée. Dans ce cas précis, il semble que les efforts visant à lutter contre la violence sexiste n’aient été renforcés que dans ce cas. Toutefois, le pouvoir judiciaire sud-Africain doit se poser des questions difficiles sur la manière d’équilibrer les droits de la victime et l’intérêt public pour un système judiciaire ouvert.

Marwin Ramos

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