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LE TOTEM-ANIMAL AU BURKINA FASO, AU-DELÀ DES MYTHES ET INTERDITS !

Introduction

Au Burkina Faso, les animaux sauvages jouent un grand rôle dans la vie des humains. C’est pourquoi les jeunes, durant l’initiation, acquièrent des codes de conduite puisés dans des traditions orales, où les animaux incarnent certaines valeurs. Ainsi d’une ethnie à l’autre, le totem-animal varie. Ce phénomène de sacralisation de l’animal permet de le protéger et unit l’ensemble du groupe social par un lien indéfectible.

 

Mythes et croyances

La croyance au totem-animal est présente dans certaines cultures, mais elle n’est pas universellement répandue dans tout le pays. Les significations associées aux totems peuvent différer d’une communauté à une autre. Dans la culture burkinabè, le totem-animal est considéré comme un esprit ancestral protecteur. En effet, il est généralement choisi en fonction de caractéristiques spécifiques de l’animal ou de son lien mythologique avec le groupe. Par exemple, pour les  »gurunsi » de  »Naboua », la tourterelle aurait alerté les villageois sur une case en feu, où dormait un nourrisson. Grâce à cet oiseau, l’enfant a été sauvé. Ces derniers, reconnaissants, évitent donc de la tuer ou de consommer sa viande. Le totem-animal symbolise la place de l’animal dans la vie des humains. C’est pourquoi les  »bobo » de  »Leguema » considèrent le  »kara », un petit serpent inoffensif, comme leur ancêtre. Il rendrait même visite aux membres de la lignée ancrée dans les traditions. Pour ce faire, les descendants se doivent de ne pas enfreindre les interdits au risque de subir la colère des ancêtres.

 

Un moyen de préservation de la faune

Le totem-animal représente une connexion profonde entre les humains et la faune. Il joue un rôle important, car il contribue à accroître et à rappeler l’importance de la protection des animaux. De plus, les rituels et les cérémonies liés au totem-animal renforcent les liens entre les humains et la nature. En guise d’illustration, nous avons les  »mossi de Bazoulé » qui organisent chaque année, après les récoltes, une fête dédiée aux caïmans appelée le « Kõom-lakré ». En effet, les caïmans seraient leur sauveur en ce sens qu’ils ont permis aux habitants de la localité d’avoir accès à une source d’eau intarissable. C’est donc une occasion pour ces derniers de réitérer leurs remerciements à leurs sauveurs par le biais des sacrifices et de toujours implorer leurs grâces, afin qu’ils puissent veiller sur eux. Cela favorise une relation équilibrée avec les animaux sauvages, qui contribuent à la préservation de la faune à long terme. Par ailleurs, le totem-animal encourage également la conservation des ressources naturelles et la coexistence harmonieuse entre les humains et la faune. Grâce à son intégration et aux conséquences que peuvent entraîner la désobéissance, la chasse excessive est évitée et certaines espèces animales perdurent. 

 

Conclusion

Le totem-animal au Burkina Faso joue un rôle significatif dans la préservation de la faune en renforçant le respect, la protection et l’harmonie entre les humains et les animaux sauvages. Il contribue à sensibiliser les communautés à l’importance de préserver la biodiversité et les écosystèmes naturels.

 

Marian Gyamfi

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