Introduction
Le féminicide, meurtre d’une femme ou d’une fille constitue l’acte le plus extrême de la violence basée sur le genre. Dans le monde, on estime à 51 100 le nombre de femmes et de filles tuées. En 2026, au Cameroun, le nombre de féminicides s’élève actuellement à 58 cas recensés. Huit femmes auraient été tuées en l’espace de huit jours, soit 1 femme par jour. Face à la hausse des féminicides, une question demeure sans réponse. Qu’est-ce qui pourrait expliquer une telle brutalité dirigée contre la femme au Cameroun ? Bien évidemment, il est important de préciser que les féminicides au Cameroun n’ont pas commencé en 2026. Seulement, ceux-ci sont beaucoup plus médiatisés et, par conséquent, exposés à la connaissance d’un plus grand nombre. Les causes des féminicides au Cameroun peuvent s’expliquer à plusieurs niveaux.
Au niveau du couple
Le féminicide est rarement un acte isolé. Il est souvent précédé par des violences physiques, psychologiques et économiques répétées. Ses auteurs usent souvent de ruse et de manipulation pour isoler les victimes de leurs familles et de leurs amis. Aussi, la peur du regard des autres, les antécédents de violences subies dans l’enfance, la présence des enfants dans le foyer ainsi que la dépendance affective et financière sont de nombreuses raisons qui expliquent que beaucoup de femmes ne parviennent pas à se séparer de ces hommes violents.
Au niveau de la famille
Dans certaines familles, les normes sociales peuvent contribuer parfois à renforcer l’idée d’une autorité excessive de l’homme sur la femme. Des garçons peuvent ainsi être éduqués selon des représentations qui valorisent la domination masculine, tandis que certaines filles apprennent à être soumises et à supporter les difficultés du couple. À cela peuvent s’ajouter les mariages arrangés contre la volonté des personnes concernées. Dans ce contexte, les femmes victimes de violences peuvent éprouver des difficultés à obtenir le soutien de leur entourage lorsqu’elles en ont le plus besoin.
Au niveau des institutions et de la société
Malgré les nombreuses lois qui existent, les violences conjugales restent encore impunies. Les procédures peuvent être extrêmement lentes. Le terme « féminicide » n’est pas reconnu par le code pénal camerounais. Aussi, le silence d’une partie de la société peut contribuer à banaliser les féminicides, car il peut donner le message que la vie de la femme a moins de valeur.
Conclusion
Le féminicide est le meurtre de la femme et de la fille en raison de son genre. Il est la résultante d’une culture patriarcale souvent mal interprétée et d’un système social défaillant. Pour endiguer ce fléau de plus en plus grandissant, il ne suffira pas d’une loi, mais d’une transformation profonde des mentalités.

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