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Girls in a classroom, getting an education. Photo credit - AI Generated

LA GRATUITÉ DU SECONDAIRE POUR LES FILLES AU BÉNIN ET L’ÉGALITÉ

Introduction

Au Bénin, l’accès à l’éducation des filles a franchi une nouvelle étape. À compter de la rentrée scolaire 2026-2027, les filles régulièrement inscrites dans les établissements publics d’enseignement secondaire général seront exonérées des frais de contribution scolaire sur toute l’étendue du territoire national. Cette décision, consacrée par un arrêté interministériel signé le 30 juillet 2026, généralise une politique jusque-là appliquée progressivement. Désormais, la mesure couvre l’ensemble du secondaire général public. Au-delà de la suppression d’une dépense pour les familles, cette décision pose une question fondamentale : la gratuité peut-elle améliorer durablement l’accès, le maintien et la réussite des filles à l’école ?

 

Une mesure qui élargit l’accès à l’éducation

Grâce à cette décision nationale, les filles pourront bénéficier de l’exonération indépendamment de leur commune de résidence, de la sixième jusqu’à la terminale. Pour les familles disposant de ressources limitées, la suppression de cette contribution représente une charge financière en moins. Les ressources disponibles peuvent être réorientées ailleurs notamment vers les fournitures, uniformes, transport ou autres dépenses liées à la scolarité. La mesure constitue ainsi un instrument de réduction des barrières économiques qui peuvent fragiliser la poursuite de la scolarité des filles.

 

Quand le coût devient un facteur d’abandon

L’accès à l’école dépend aussi des conditions économiques des ménages. Lorsque les ressources sont limitées, certaines familles peuvent être amenées à privilégier la scolarisation d’un enfant plutôt que celle d’un autre. Dans ce contexte, une politique ciblant spécifiquement les filles peut contribuer à réduire certaines inégalités. La gratuité ne règle évidemment pas tous les obstacles, mais elle constitue une réponse concrète aux difficultés financières qui peuvent compromettre le maintien des filles à l’école.

 

De la gratuité à la réussite

La suppression des frais scolaires constitue une avancée importante, mais elle ne peut être une solution unique. Une fille peut accéder gratuitement à l’école tout en faisant face à l’éloignement de l’établissement, au manque de fournitures, aux responsabilités domestiques ou aux difficultés d’apprentissage. L’objectif ne devrait donc pas seulement être de faire entrer davantage de filles dans les salles de classe ; mais, de leur permettre d’y rester, d’y apprendre dans de bonnes conditions et surtout d’achever leur parcours scolaire.

 

Un investissement dans l’avenir

L’éducation des filles dépasse la seule question scolaire. Une fille qui reste plus longtemps à l’école augmente ses possibilités d’acquérir des compétences, d’accéder à une formation professionnelle ou à l’enseignement supérieur et de participer davantage à la vie économique et sociale. La généralisation de l’exonération peut ainsi être analysée comme un investissement dans le capital humain du Bénin. 

 

Conclusion

La généralisation de l’exonération des frais de contribution scolaire pour les filles constitue une étape importante de la politique éducative du Bénin. Elle supprime une charge financière pour les familles et étend sur l’ensemble du territoire une mesure auparavant limitée. Cependant, la gratuité ne doit pas être une fin en soi. Elle doit s’inscrire dans une politique plus large visant à garantir aux filles l’accès à l’école, le maintien, la réussite et l’achèvement de leur parcours scolaire.

Akpo Affolabi Marc Aurel

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