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Environmental planning with an African mindset. Photo credit - AI Generated

Indépendance environnementale : Et si l’Afrique inventait son propre plan de développement vert ?

Introduction

Longtemps victime des crises climatiques causées par les grandes puissances mondiales, l’interrogation de l’autonomie en Afrique est urgente. Adapter les modèles occidentaux s’avère souvent très peu efficace et injuste. Le continent noir doit construire sa propre transition écologique, ancrée dans ses réalités sociales, économiques et culturelles.

 

L’obstacle du copier-coller des idées occidentales

L’Afrique doit saisir les taureaux par les cornes et faire face à ses défis. Elle émet moins de 4% de gaz à effet de serre mondiaux (GES). Dans ce cas, lui imposer la même rigueur de décarbonation qu’à l’Europe, l’Amérique ou aux géants pétroliers de l’Asie relève d’une injustice climatique. De même, le risque de voir des institutions internationales conditionner leurs aides à des critères écologiques stricts, bloquent le développement industriel de base. Aussi, plus de 600 millions de personnes n’ont pas accès à l’électricité en Afrique subsaharienne. La priorité absolue est donc l’accès à l’énergie, avant la décarbonation complète. Et pour tout clore, l’interdiction brutale des énergies fossiles (comme le gaz naturel) freine l’industrialisation et la cuisson propre, poussant les populations à continuer d’utiliser le charbon de bois. 

 

Les piliers d’une transition écologique spécifique à l’Afrique

L’Afrique regorge des potentialités uniques pour concevoir un prototype qui saute l’étape de la pollution sur toutes ses formes. Il serait important de faire un feedback vers les savoirs endogènes et la biodiversité. Il est question ici de promouvoir des techniques agricoles traditionnelles résilientes plutôt que des intrants chimiques importés et d’appliquer le projet de la grande muraille verte consistant à mêler restauration des sols, lutte contre la désertification et créations d’emplois locaux. L’Afrique peut exploiter le potentiel unique des énergies renouvelables tout en développant des mini-réseaux solaires et hydrauliques villageois sans passer par de lourds réseaux électriques centralisés. Aussi, le continent africain possède les plus grandes réserves minières au monde (cobalt, lithium, bauxite etc) nécessaires aux batteries mondiales. L’autogestion exige de fabriquer les batteries et panneaux solaires sur le continent en vue de créer à valeur ajoutée et emplois pour la jeunesse.

 

Les conditions politiques et financiers pour concrétiser cette indépendance

Pour que ce modèle soit une réussite, l’Afrique doit se libérer et s’organiser à l’échelle continentale. Pour ce faire, elle doit mener une bataille de financement climatique en négociant des transferts de technologie réels plutôt que de nouveaux prêts qui alourdiraient sa dette. Aussi, elle doit fixer un juste prix pour le carbone séquestré par ses forêts afin que la conservation devienne une source de revenus majeur pour les États et les communautés locales. Par ailleurs , elle doit s’unir d’une même manière dans les COP pour refuser les barrières douanières écologiques qui limitent encore son champ d’exportation.

 

Conclusion

L’Afrique ne peut pas se permettre d’être le spectateur ou le cobaye des politiques vertes occidentales. L’invention d’une transition africaine, axée sur l’accès à l’énergie, l’agroécologie et la transformation locale des ressources est la seule porte de sortie afin d’éviter le pire.

Watson Sama

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