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A group of people and of different ages coming together. Photo credit - AI Generated

L’ART D’APPARTENIR À UNE COMMUNAUTÉ À TRAVERS LE TEMPS ET LES CULTURES

Introduction 

Où avez-vous le sentiment d’appartenir ? Pour de nombreux Africains, la réponse renvoie davantage à une communauté qu’à un lieu. Cette vision s’enracine dans des cultures où chaque individu faisait partie d’un ensemble plus vaste. De la philosophie ubuntu d’Afrique australe, qui affirme « Je suis parce que nous sommes », au Buusaa Gonofaa des Borana Oromo, un système d’entraide garantissant que personne ne soit abandonné, le sentiment d’appartenance a toujours occupé une place centrale. Avec le développement et les transformations des modes de vie, cette conception de la communauté a évolué.

 

La construction de la communauté

Dès le plus jeune âge, les valeurs de solidarité, de responsabilité partagée et d’unité étaient transmises. Les familles vivaient souvent dans des concessions regroupant plusieurs habitations, favorisant les échanges quotidiens. Les travaux agricoles, le tissage des paniers et d’autres activités étaient réalisés collectivement. Les loisirs rassemblaient également la communauté autour des danses, de la musique, des devinettes, des jeux, des contes et de l’observation des étoiles.

 

Une vie façonnée par la communauté

Les moments heureux comme les épreuves étaient vécus ensemble. Emprunter du sel à un voisin faisait partie du quotidien. Les visiteurs étaient accueillis chaleureusement, même sans prévenir. Les difficultés se partageaient sous le clair de lune. Les oncles et les tantes n’étaient pas toujours des parents de sang, mais occupaient une place essentielle dans la vie de chacun. Les décisions importantes étaient prises collectivement et personne ne restait sans soutien, qu’il puisse contribuer ou non. Ce mode de vie renforce l’identité culturelle. En étant profondément ancré dans son héritage, chacun développe un véritable sentiment d’appartenance. La solidarité, le partage des responsabilités et les liens humains s’en trouvent renforcés. Toutefois, cette organisation peut aussi limiter l’autonomie individuelle, car les décisions sont souvent collectives et ceux qui s’écartent des normes risquent d’être exclus.

 

La communauté dans le monde moderne

Aujourd’hui, il est fréquent de connaître à peine ses voisins. Les relations deviennent parfois plus utilitaires et certaines amitiés disparaissent lorsqu’elles ne présentent plus d’intérêt. Beaucoup traversent les difficultés ou célèbrent leurs réussites dans la solitude. Cet isolement grandissant est souvent associé à des problèmes comme la dépression. En contrepartie, la vie moderne offre davantage d’intimité, une plus grande liberté de décision et la possibilité de mener son existence selon ses propres choix tout en profitant pleinement des fruits de son travail.

 

Comment recréer des liens aujourd’hui ?

Il est possible de renforcer la cohésion sociale en multipliant les espaces de rencontre dans les villes, comme les parcs, les cafés ou les événements de quartier. Les foires culinaires, culturelles, technologiques, les clubs de lecture ainsi que les activités scolaires, religieuses ou sportives favorisent également les échanges. S’investir dans ces espaces et construire des relations sincères fondées sur des intérêts communs permet de recréer un véritable sentiment d’appartenance.

 

Conclusion 

L’art de créer et d’entretenir des liens sociaux n’a pas disparu. En conciliant les progrès de la société avec les valeurs positives héritées des traditions, il est possible de rester connecté aux autres et de se sentir pleinement intégré. Si la manière de vivre la communauté a changé, elle dépend aujourd’hui plus que jamais d’une volonté consciente de tisser des relations durables.

Jessica Bulle

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