Introduction
Des femmes avancent à la file indienne, balançant des bassines d’eau sur la tête. L’entrée des puits est noire de monde. Quelques jeunes garçons s’emploient, à qui mieux mieux, à faire descendre leurs seaux dans le puits pour en retirer de quoi voir venir pendant les prochains jours. C’est une scène forte de signification, instantanément reconnaissable et d’une importance vitale. L’eau. Cette singulière substance, cette souveraine discrète qui régit notre existence, sans laquelle la vie elle-même n’aurait jamais vu le jour. On la boit, certes, mais on s’en sert également pour cuisiner, se baigner, arroser les cultures, transporter les denrées, refroidir nos réacteurs nucléaires. Dire que la vie de chacun de nous tourne autour de ce liquide n’a rien d’exagéré. Et pourtant, l’eau se fait rare en ce monde. Les températures s’envolent, les puits tarissent, la planète prend feu.
Les causes
En cause ? Le changement climatique, bien sûr. Mais lui seul ne saurait endosser l’entière responsabilité du désastre. En effet, là où la pénurie va en s’aggravant, la guerre et la mauvaise gestion des ressources ont elles aussi leur place sur le banc des accusés. Les conséquences de ce triple assaut contre l’eau doivent être rappelées sans détour : la mise à sec des réservoirs dont dépendent de nombreuses populations et la dévastation des terres agricoles. Cela revient, en d’autres termes, à rendre de vastes zones de la Terre moins propices à l’habitation humaine, et ce dans un avenir moins lointain que l’on ne voudrait le croire. Je passe évidemment sur le sort des animaux avec lesquels nous partageons cette existence. Les effets de cette transformation écologique se font d’ores et déjà ressentir. Prenons l’exemple du Cameroun. Rien qu’hier, l’Organisation des Nations unies a alerté sur le manque d’eau potable à Blangoua, camp de réfugiés qui vient de connaître un afflux de déplacés. Le gouvernement camerounais, lui, a effectivement instauré des politiques visant au renforcement des capacités d’approvisionnement en eau potable. Reste à savoir si ces politiques apporteront les bénéfices escomptés.
La solution
Face à ce naufrage, que faire ? Pour les petites gens, à qui rien n’incombe dans cette affaire mais qui seront frappées de plein fouet par ses contre-coups, la question s’impose en urgence. L’initiative populaire ne pourra probablement pas remédier à ce problème, à moins que les gouvernements et les grandes entreprises n’y apportent leur pierre. Mais l’impulsion doit impérativement naître quelque part, si modeste soit-elle. Il nous revient donc de sécuriser au mieux l’approvisionnement en eau et d’en assurer le plein partage à l’heure de la disette. Cela doit passer par une réorientation de l’économie vers les énergies renouvelables.
Conclusion
Prendre la juste mesure du problème est une chose ; le prendre à bras le corps en est une autre. Mais c’est justement ce travail nourri par la solidarité et la bonne volonté qui nous permettra de jeter les fondements d’un avenir plus prospère pour nos enfants, un avenir dans lequel l’approvisionnement en eau ne sera plus source d’inquiétude.
