Introduction
Nous savons que donner aux femmes et aux filles des opportunités dans le domaine scientifique peut transformer leur vie et celle de leurs communautés. Pourtant, les études continuent de révéler une réalité difficile : à travers l’Afrique du Sud et le continent dans son ensemble, il existe une grave pénurie de compétences en science et technologie, les femmes restant les plus sous-représentées.
Entrée élevée, rétention faible
Selon des études récentes, les statistiques concernant les femmes dans les sciences révèlent une situation préoccupante. Bien qu’un grand nombre de femmes accèdent à des diplômes de premier cycle et de troisième cycle dans ce domaine, les données montrent un « progrès inversé » à mesure qu’elles gravitent les échelons de carrière. Ce phénomène est largement défini comme le « pipeline fuyant ». Ce n’est pas un manque d’intérêt ou de capacité qui freine les femmes, mais plutôt une réduction systémique où la représentation diminue dans la hiérarchie académique et professionnelle.
Culture vs Carrière
On pourrait se demander : pourquoi les structures sociales influenceraient-elles le curriculum et le développement de carrière scientifique ? La réalité pour les femmes en Afrique du Sud et en Afrique en général est qu’être éduquée et poursuivre une carrière ne les exempt pas des attentes sociales. Les facteurs culturels et le statut social dictent souvent que les femmes assument encore la responsabilité principale des tâches domestiques. Cela exerce une pression immense sur les femmes pour concilier une carrière exigeante dans les STEM avec des rôles domestiques traditionnels. Par conséquent, le pipeline fuit non pas parce que les femmes ne peuvent pas faire le travail, mais parce que l’infrastructure sociale ne les soutient pas dans l’exercice simultané de leurs autres rôles attendus.
Le vide du leadership et les limites du mentorat
Bien que les femmes intègrent les STEM, seulement 1 poste de leadership sur 10 en Afrique leur est attribué. Le mentorat à lui seul ne peut pas combler l’écart entre les sexes lorsque des barrières structurelles telles que le congé maternité, l’égalité salariale, le syndrome de l’imposteur, les disparités de financement et des environnements de travail non favorables continuent de freiner les femmes avant qu’elles n’atteignent les postes supérieurs.
La réforme institutionnelle
En fin de compte, le mentorat seul ne suffit pas à aider les femmes à survivre dans des systèmes biaisés. Bien que le mentorat aide les femmes à naviguer dans ces environnements, il ne résout pas le « pipeline fuyant » en lui-même. Il faut aller au-delà de la simple offre de conseils et commencer à exiger des changements politiques qui apportent un véritable « poids » aux décisions. Nous avons besoin d’une réforme institutionnelle qui équilibre le pouvoir de décision entre hommes et femmes. Des organisations comme OWSD défient déjà les institutions afin de déconstruire ces systèmes actuels, affirmant que nous ne pouvons pas sortir les femmes de la discrimination structurelle par le mentorat ; nous devons changer la structure.
La science comme outil de changement holistique
Redéfinir le rôle des femmes dans la science nécessite un changement de perspective : les STEM ne doivent pas être considérés uniquement comme des emplois ou des quotas, mais comme un outil culturel de transformation sociétale. Assurer la direction des femmes dans les STEM traite des déséquilibres sociaux et culturels profonds, permettant à l’Afrique de surmonter des barrières de longue date et de réaliser un progrès holistique.
Conclusion
Les femmes dans les STEM en Afrique font face à plus que le besoin de résilience ou de mentorat. Les barrières systémiques, les attentes culturelles, les biais institutionnels et le soutien limité bloquent les voies de leadership. Pour arrêter la fuite du pipeline, les réformes politiques doivent créer des environnements où les femmes sont habilitées à diriger, décolonisant et redéfinissant véritablement l’avenir de la science.
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