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People using traditional practices to help the environment. Photo credit - AI Generated

Zimbabwe et la crise climatique : l’impact sur les pratiques environnementales traditionnelles

Introduction

Au Zimbabwe, le changement climatique a des impacts sévères malgré la faible contribution du pays aux émissions mondiales de gaz à effet de serre. Les pluies irrégulières, les sécheresses prolongées et les phénomènes météorologiques extrêmes ont entraîné des pénuries d’eau, des pertes de récoltes et des pertes de bétail. En avril 2024, le président Emmerson Mnangagwa a déclaré l’état d’urgence après qu’une sécheresse induite par El Niño ait menacé des millions de personnes d’insécurité alimentaire. Si les impacts physiques sont bien documentés, l’effet du changement climatique sur les pratiques environnementales et culturelles traditionnelles reçoit moins d’attention. Les communautés rurales telles que les Ndau et les Makonde, dépendantes de moyens de subsistance sensibles au climat et disposant de peu d’infrastructures, ont dû s’adapter ou abandonner certaines traditions, modifiant ainsi leur vie culturelle et spirituelle.

 

L’importance des pratiques traditionnelles dans le Zimbabwe post-indépendance

Après l’indépendance, les paysans communautaires et les fermiers réinstallés ont été exclus de l’éducation formelle en raison de la discrimination raciale. Les agriculteurs noirs zimbabwéens ont donc généralement dû s’appuyer sur des pratiques traditionnelles pour comprendre le climat. Ces pratiques se transmettaient de génération en génération, à travers le folklore et les devinettes. Lorsque l’éducation formelle est devenue accessible aux Zimbabwéens noirs, l’accent a été davantage mis sur les connaissances et pratiques agricoles que sur le changement climatique. Ainsi, les agriculteurs ont continué à utiliser les enseignements climatiques autochtones plutôt que les approches scientifiques occidentales.

 

Croyances culturelles des peuples Ndau et Makonde

Les Ndau et les Makonde partagent des croyances culturelles similaires. Les deux communautés vénèrent le dieu suprême Mwari, qui régule la pluie et les récoltes. Pour les Ndau, les Vadzimu, ancêtres tribaux, travaillent aux côtés de Mwari pour les protéger du danger. Les Masvikiro (mediums spirituels) facilitent la communication entre les membres de la communauté et les ancêtres, et dirigent des pratiques culturelles visant à atténuer les problèmes climatiques. Par exemple, les cérémonies de pluie telles que le Doro remakoto (pleurer pour la pluie, yekunofukura) et les cérémonies de récolte. D’autres croyances culturelles encouragent la protection active de l’environnement. Certains mediums spirituels ont des responsabilités de conservation et s’occupent de certains arbres au nom des gardiens ancestraux de la terre (Vadzimu wenyika). La tradition religieuse enseigne que prendre soin de l’environnement est nécessaire pour maintenir la paix et l’harmonie. La protection des esprits ancestraux protège la communauté contre les catastrophes environnementales telles que les cyclones.

 

L’effet du changement climatique sur les pratiques environnementales traditionnelles au Zimbabwe

Le changement climatique met en danger les pratiques environnementales culturelles au Zimbabwe. Les cérémonies de pluie et les rituels agricoles sont de plus en plus abandonnés en raison de l’irrégularité des pluies. Les rituels saisonniers, comme les cérémonies de plantation, sont également perturbés, les conditions météorologiques obligeant à modifier leur calendrier et bouleversant ainsi les traditions spirituelles. Certains membres de la communauté rejettent complètement les pratiques traditionnelles, avec un peu plus de la moitié continuant les cérémonies de récolte selon une enquête. D’autres commencent à hybrider leurs pratiques traditionnelles avec d’autres enseignements agroécologiques, en cultivant des champignons ou en ajoutant des fertilisants à leurs jardins.

 

Conclusion

Dans les discussions sur le changement climatique, ses implications pour les compréhensions traditionnelles et culturelles de l’environnement doivent être examinées parallèlement à ses impacts écologiques. Cela permettrait de développer des cadres sensibles à la culture, intégrant à la fois les savoirs indigènes et les enseignements scientifiques, et de répondre plus efficacement à la crise climatique tout en soutenant, plutôt qu’en niant, les pratiques locales.

Lauren Lisk

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