WELCOME TO R:Ed
An idea of a united Africa. Photo credit - AI Generated

United States Of Africa : Rêve utopique ou Horizon incertain ?

Introduction 

L’idée d’une confédération africaine a germé dès les premières lueurs des indépendances, dans les années 1960. Voilà déjà soixante ans que cette flamme porteuse de promesses inouïes et d’avenir resplendissant pour une communauté affranchie, au lieu de s’épanouir, a fini par vaciller. La sincérité de cette conviction et l’audace de Kwame Nkrumah — qui voulait exploser la balkanisation imposée par les puissances coloniales lors de cette fatidique conférence de Berlin — se noya donc dans les méandres de l’histoire. Aujourd’hui encore, les voix des panafricanistes modernes s’élèvent pour raviver ce projet, mais elles se heurtent à des vents contraires, à la fois internes et externes. Pouvons-nous toujours rêver d’une Afrique Sans Frontière ou ce rêve n’est finalement qu’un idéal utopique ?

 

Les vents contraires : Ce cercle vicieux

Au départ, l’ingénieuse idée de Kwame Nkrumah était de bâtir une communauté unie à l’instar des Etats Unis d’Amérique. Malheureusement, cette idée s’est vite heurtée aux disparités politiques, sociales, religieuses et économique du continent (Ex : Afrique du Sud et le Niger & Nigeria et Somalie & Maroc et les Comores) d’une part. D’autres part, les frictions internes (les guerres tribales et ethniques : cas du Biafra au Nigéria, Kabylie en Algérie, Génocide du Rwanda et Burundi, Kivu au Congo) ; l’ambition démesurée des dirigeants qui s’arrachaient le pouvoir à tour de rôle (Coup d’états récidiviste au Bénin, Burkina Faso, Soudan ou leur amour excessif de l’exécutif comme au Cameroun, Guinée-Equatorial, Ouganda) sont autant de maux qui ont freiné l’émancipation de cette dernière. Par ailleurs, l’ingérence extérieure (l’instrumentalisation de la guerre froide, l’exploitation des frictions internes) et la crise économique des années 1970 — le coup fatal porté par les PAS des institutions de Bretton WOODS sur ces Etats naissants — qui en a suivi, ont fragilisé et anéanti toute idée d’unification.  

 

Les braises de la renaissance

Si aussitôt né que ce projet était destiné à mourir, autant il est indéniable que l’Afrique malgré ses maux complexes détient des atouts pouvant le faire renaître de ses cendres. L’Union Africaine, la CEDEAO, l’Union du Maghreb Arabe et autres sont des institutions régionales, AES qui de par leur politique économique de coopération et d’intégration peuvent insuffler un nouveau souffle à ce projet. L’instauration de la ZLECAF, rêve d’une Afrique affranchie des barrières douanières, pourrait de par sa réussite, faire du continent l’un des plus gros blocs commerciaux du monde. La jeunesse de la démographie africaine, la fertilité des terres arables, l’émergence des néo-panafricanistes, la culture commune sont des ressources qui utilisés à bon escient pourrait être utiles. L’union de l’Afrique au lieu d’être politique deviendra dès lors économique. 

 

Conclusion

A l’ère de la mondialisation, où tous les humains sont fiers de scander le fameux slogan « Monde, village planétaire », l’Afrique gagnerait beaucoup plus à s’unifier. A défaut d’unifier nos frontières, unissons nos forces et nos idéaux.  A défaut de scander Correct the Map, nous ferions peut-être mieux de penser ou encore mieux d’éduquer les générations futures à croire en la puissance d’une union économique. Ce faisant, nous essoufflons dans les esprits naissant, l’incandescence qui découlerait de notre union. Le rêve de Nkrumah ne serait donc pas mort, mais sa réalisation passera désormais par un chemin économique plutôt que politique immédiat.

Hounhoesse Toundé Rébazar

VIEW ALL POSTS

Leave a reply

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *