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The effects of alcohol abuse on a person. Photo credit - AI Generated

Surconsommation d’alcool : une urgence de santé publique au Cameroun

Introduction

Le Cameroun fait face à une épidémie silencieuse qui menace son avenir : l’abus d’alcool. Autrefois symbole de fête et de convivialité lors de matchs de football, mariages, veillées ou réunions familiales  l’alcool est devenu une chaîne invisible qui enserre des millions de personnes, détruit des familles, érode les communautés et vole le potentiel de la nation. Les statistiques récentes sont inquiétantes : En moyenne, les Camerounais consomment entre 9 et 10 litres d’alcool pur par habitant et par an. Cette consommation est alimentée par des mythes culturels qui associent la consommation d’alcool à la maturité et à la virilité — des fausses croyances qui séduisent de nombreux jeunes et les entraînent dans une spirale d’addiction et de désespoir.

 

La science et le danger de l’alcool

Une des formes les plus alarmantes de cette crise est la prolifération du whisky en sachet. Vendu à seulement 100 francs CFA, ce whisky est conditionné dans des sachets plastiques et peut contenir jusqu’à 43 % d’éthanol, souvent frelaté au méthanol, un produit hautement toxique. Facilement accessible, notamment par les adolescents, étudiants, et travailleurs, ce type d’alcool bon marché alimente un cycle de dépendance et d’autodestruction. Mais l’alcool n’est pas qu’une boisson — c’est une drogue puissante. Son principe actif, l’éthanol, passe rapidement dans le sang, franchit la barrière hémato-encéphalique et même le placenta, exposant ainsi les fœtus à de graves risques.
Une fois métabolisé dans le foie en acétaldéhyde, un cancérogène reconnu, l’alcool altère le système de récompense du cerveau, renforce les cravings (envies irrépressibles), et augmente la tolérance, conduisant inévitablement à l’addiction. En tant que dépresseur du système nerveux central, l’alcool : ralentit le fonctionnement du cerveau, altère le jugement, et réduit la coordination motrice. À long terme, il provoque des conséquences sanitaires dévastatrices : cirrhose hépatique, cancers multiples, maladies cardiovasculaires, troubles mentaux, et lésions cérébrales irréversibles.

Un lourd fardeau pour la société

Chaque année, 74 000 Camerounais meurent de causes liées à l’alcool, un chiffre qui révèle l’ampleur de la crise. Des enquêtes dans les universités montrent que près de 88 % des étudiants consomment de l’alcool, avec des taux élevés de binge drinking (alcoolisation excessive) chez les 15–19 ans. Conséquences : accidents mortels, violence domestique, décrochage scolaire, familles brisées, et baisse de la productivité nationale. Par ailleurs, l’abus d’alcool favorise les comportements sexuels à risque chez les jeunes, contribuant à la propagation des IST, et détruisant davantage les tissus sociaux et familiaux. Chaque conducteur ivre, chaque étudiant perdu à cause de l’alcool, chaque famille endeuillée raconte la même histoire : L’alcool vole l’avenir du Cameroun.

 

Un appel à l’action collective

Cette crise concerne tout le monde, peu importe l’âge, la richesse ou la profession. Le silence et l’inaction ne font que nourrir l’épidémie. Pourtant, l’espoir est encore possible. Des politiques publiques fortes, une sensibilisation massive, et la prise de responsabilité individuelle peuvent inverser la tendance. Le Cameroun doit : renforcer la régulation du whisky en sachet et des produits alcoolisés frelatés, et lancer des campagnes communautaires pour exposer les dangers de l’alcool, et remplacer la culture de l’alcoolisme par des programmes d’autonomisation valorisant la créativité, l’innovation et la résilience de la jeunesse.

Conclusion

Derrière chaque chiffre, il y a un visage, une famille, un avenir fragile. Le coût de l’abus d’alcool ne se résume pas en statistiques : c’est une tragédie humaine. Le Cameroun a aujourd’hui l’opportunité d’agir : Construire une société qui valorise la vie plutôt que la boisson, le sens plutôt que la fête, l’espoir plutôt que la détresse. Le moment d’agir, c’est maintenant. Partagez ce message. Engagez la discussion. Soyez acteur d’un Cameroun libéré des chaînes de l’alcoolisme.

Ngum Charissa Ngum.Charissa.Belembom

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