Introduction
« On peut gouverner de loin, mais on n’administra bien que de près », disait Napoléon Ier. La Décentralisation est une politique de transfert des attributions de l’Etat vers des Collectivités territoriales ou des institutions publiques afin qu’elles disposent d’un pouvoir juridique et d’une autonomie financière. Le but étant, pour l’Etat de décharger ses administrations centrales et de confier les responsabilités au niveau le plus adapté. En général, il y a la décentralisation territoriale et la décentralisation fonctionnelle. En ce sens, en France, on observe trois (3) catégories de fonction publique : la fonction publique d’Etat, la fonction publique hospitalière et la fonction publique territoriale. Organisation tout à fait compréhensible compte tenu de cette décentralisation, notamment territoriale et donc la nécessité de fonctionnaires au niveau des collectivités, pour assurer toujours l’idée d’autonomie qu’entend mettre en place la décentralisation. C’est là tout l’intérêt de ce sujet : quid de la décentralisation de Madagascar où seule la fonction publique d’Etat est apparente ?
Décalage entre les textes et la réalité sur l’existence de la fonction publique territoriale
La loi organique régissant les compétences, les modalités d’organisation et de fonctionnement des collectivités territoriales décentralisées prévoit dans son exposé des motifs une concrétisation de la création de la fonction publique territoriale. A cet effet, le ministère en charge de la fonction publique œuvre pour l’instauration de la fonction publique territoriale à Madagascar afin d’assurer un système de gestion des ressources humaines cohérent et de lutter contre la précarité des conditions de travail des agents locaux. Cependant, la réalité n’est pas encore au point. La décentralisation territoriale la plus avancée aujourd’hui dans le pays, est celle au niveau des communes et la question reste en suspens en ce qui concerne leurs agents.
Un flou autour du sort des agents publics territoriaux
Actuellement, les agents communaux sont des agents non encadrés, notamment des agents ELD (emplois longue durée). Ces agents ont plus de similitudes avec les agents publics d’Etat qu’avec les fonctionnaires territoriaux, à l’exemple du système français où ils sont organisés en cadre d’emplois et non en corps comme les fonctionnaires d’Etat. Autrement dit, un certain flou, qui influe fortement sur le degré de décentralisation, plane autour du sort des agents territoriaux. La participation de ces agents aux différentes propagandes illustrent cela : puisque les agents ne sont pas soumis à une obligation de réserve et n’ont pas de statut clair, cela les laisse perplexe sur les rôles qu’ils devront jouer lors des élections aussi bien local que national.
Conclusion
En guise de conclusion, il est indéniable le lien entre bonne gouvernance et décentralisation. Pourtant, il a une grande différence entre mettre en place des textes sur la décentralisation et œuvrer pour. Comme le dit si bien l’adage « si on veut, on peut », est-ce l’absence de volonté de décentralisation qui empêche l’émergence de celle-ci ? En tout cas, l’instauration de la Fonction publique territoriale serait un grand pas en avant.
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