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Sudanese refugees sitting by the fire, hoping for change. Photo credit - AI Generated

L’EXIL ROUGE : ÉCHOS DU SOUDAN ET DES TERRES BRÛLÉES

Le soleil mord la poussière des routes sans nom,  

Où les pas tracent des chemins de larmes et de braise.  

Soudan, terre fendue par le fer et les canons,  

Les enfants portent l’eau dans des seaux de balafres.  

 

Le vent raconte les villages en cendres,  

Les mères étreignant des berceaux vides,  

Les pères, fantômes aux paumes crevassées,  

Cherchant l’horizon derrière les frontières avides.  

 

Le désert boit les rêves en échange de mirages,  

Les puits sont des gouffres où gît l’espoir tari.  

Les nuits pleurent des étoiles criblées de naufrages,  

Et la mer murmure des noms engloutis.  

 

Darfur, Kordofan, cicatrices sous le sable,  

Le sang des puits secs crie sous les drones muets.  

Les camps sont des prisons de toiles et de fables,  

Où le temps se déchire en regards inquiets.  

 

Afrique, mère épuisée, ton sein est une plaie,  

Tes fils marchent pieds nus sur les lames du destin.  

Ils fuient les milices, la faim, les lois martiales,  

Mais les portes du monde sont des remparts lointains.  

 

Dans les yeux des fillettes, des saisons volées,  

Leurs mains tressent des bracelets de souvenirs.  

Les garçons, soldats malgré eux, ont oublié  

Le gout des mangues mûres et des rires légers.  

 

Et l’Occident ? Il compte ses murs, ses saisons,  

Ses printemps fleuris loin des cris de détresse.  

Mais dans l’ombre, une flamme têtue raisonne :  

« Nous ne sommes pas poussière, mais semence. »  

 

Aux rives de Lampedusa, aux jungles de Calais,  

Leur silence hurle : « Voyez-nous exister !  

Notre chair est mémoire, notre souffle est défi —  

L’humanité n’a pas de frontière à franchir. »  

 

Le monde ferme les livres, détourne les prières,  

Pourtant, dans chaque exilé bat le cœur du monde.  

Et si l’aurore naît un jour de ces poussières,  

Qui osera dire que l’espoir était immonde ?

 

Description du poème

Les poèmes dénoncent la souffrance des réfugiés soudanais et africains, victimes de guerres, de famine et d’indifférence mondiale. Ils soulignent la violence qui les chasse de leurs terres, l’inhumanité des frontières fermées, et l’érosion de leur identité et dignité. Malgré l’horreur, une lueur de résistance persiste : leur humanité blessée devient un appel universel à la solidarité et à la reconnaissance de leur droit à exister.

Anatole Yomansina Ousmane

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