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ORIGINE, ÉVOLUTION ET CIVILISATION DE L’ETHNIE PEUL

ORIGINE et ÉVOLUTION

Les Peuls seraient originaires de la Haute vallée du Nil : Haute-Égypte, Nubie et Éthiopie. En étudiant les peintures rupestres du Tassili n’Ajjer, il pensait que les peintures rupestres de bovins permettraient de suivre l’avancée de ce peuple, à travers des représentations stylisées dans le Sahara.

L’origine du noyau humain autour duquel s’est formée l’« ethnie » peule est vraisemblablement à chercher chez les « pasteurs à bovidés » du Sahara préhistorique, dont l’aspect et le genre de vie, tels qu’ils apparaissent dans les peintures rupestres du Tassili, évoquent étonnamment ceux des Peuls nomades d’aujourd’hui. Une longue période sépare les premières mentions des Peuls dans l’histoire de ces « proto-Peuls » (qui ont pu aussi être à l’origine de certains pasteurs de l’Est africain), puisque ces fresques remonteraient aux VIe-IIe millénaires avant notre ère et que les Peuls apparaissent aux xive-xve siècles dans les Chroniques de Kano et dans Makrizi. Malgré l’absence de documents, il semble que leur « ethnie » se soit constituée au cours du haut Moyen Âge, dans la vallée du Sénégal et les régions adjacentes de l’Est et du Nord-Est, par apports berbères et surtout noirs à cette souche originelle. C’est en tout cas de ces derniers que provient, dans ses structures essentielles, la langue peule, qui appartient incontestablement au même ensemble que le wolof et le serer-sin, actuellement parlés dans la République du Sénégal.

 LA CIVILISATION PEUL

Les Peuls appelés aussi Foulani, Fellata ou encore Bororo selon les pays, sont un groupe ethnique traditionnellement pasteur établi dans la bande sahélo-saharienne et dans une quinzaine de pays différents. Particulièrement nombreux au Niger, au Nigeria, au Cameroun, au Mali, au Sénégal et en Guinée, ils sont minoritaires partout à l’exception de ce dernier pays (40 % de la population).

Ses membres sont majoritairement musulmans, avec une minorité de bahá’ís. Leur dispersion et leur mobilité ont favorisé les échanges et les métissages avec d’autres populations. Leur origine et celle de leur identité, pas uniquement liée à la langue peule (Poular ou fulfulde) a longtemps fait débat.

Les Peuls sont un peuple à cheveux longs, lisses à ondulés permettant un type de coiffure particulier où les cheveux sont ramenés sur le sommet du crâne, formant une coiffure en « gourde » célèbre chez les Wodaabe et les Bororos. Les femmes bororos ramènent en chignon leurs cheveux à l’avant, le reste des cheveux est sectionné en plusieurs parties qu’elles tressent, et qui retombent sur les côtés de la figure et à l’arrière de la tête. Les métissages ont multiplié les styles de coiffure. Celles-ci sont nombreuses, en forme de losange, triangle, et plusieurs noms leur sont donnés. Malgré la diversité des coiffures chez les femmes peules, le plus souvent les hommes et les femmes sont coiffés de la même façon.

 

Les hommes peuls nomades portent une tunique, le bolare, de couleur brune qui arrive à mi-mollet, un bâton, un chapeau de paille conique, un tablier de cuir, des boucles d’oreille. Ils ont la tête enturbannée, comparable au taguel moust des Touaregs, et portent un pantalon bouffant. Le chapeau conique (typiquement peul) est porté, et souvent y est accrochée une plume d’autruche. Les talismans ou gris-gris, sont portés pour se protéger des djinns. Les femmes portent le pagne, bleu indigo, et le boubou de couleur très foncée, parfois noire. Les Peuls sédentaires adoptent parfois le style des ethnies avec lesquelles ils cohabitent. Chez les hommes le chapeau conique est porté, ou bien aussi un bonnet souvent de couleur blanche, le couffouné, parfois rond ou carré. Ils portent une courte tunique, par-dessus laquelle ils mettent un grand boubou, souvent de couleur blanche, bleu foncé, le doloké. Les femmes portent le pagne, et le boubou, et attachent sur leurs têtes un morceau de tissu qui est la version féminine du turban, moussor.

CONCLUSION 

Les femmes peules pratiquent le tatouage des lèvres et des gencives à l’indigo, des paumes de la main et des pieds. Elles percent leurs oreilles et y insèrent des anneaux d’or, ou des boucles d’oreille d’or imposantes et torsadées. Elles mettent un petit anneau en or ou en argent aux narines. Les jeunes filles ont à leurs poignets et à leurs chevilles, plusieurs anneaux d’argent ou de cuivre symbolisant leur richesse.

Saidou Barmo Zaiya

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