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Humanitarian Aid

Équilibrer la protection : Les hommes et les femmes dans l’aide humanitaire doivent-ils bénéficier d’une sécurité égale ?

Introduction

Les travailleurs humanitaires sont confrontés à de graves dangers lorsqu’ils effectuent un travail noble dans un contexte de conflit instable. C’est pourquoi les ONG ont des devoirs de diligence envers leur personnel sur les sites dangereux, le plus important étant une gestion complète des risques en matière de sécurité. Toutefois, la question se pose de savoir si ces stratégies d’atténuation des risques doivent tenir compte des spécificités des hommes et des femmes, car il est prouvé que les menaces diffèrent souvent selon qu’il s’agit de personnel masculin ou féminin. Selon certains spécialistes, les hommes ont tendance à être confrontés à une violence plus directe, tandis que les femmes sont plus exposées aux risques d’agression sexuelle. Une question se pose donc : devons-nous protéger un homme de la même manière qu’une femme ?

Modèles de sécurité sexospécifiques dans les déploiements d’aide humanitaire

Imaginons une organisation internationale d’aide humanitaire qui déploie des centaines de personnes à travers le monde pour fournir des services de secours dans des zones de conflit armé. Le personnel est composé d’hommes et de femmes qui remplissent diverses fonctions sur le terrain. Au cours de l’année écoulée, l’organisation a remarqué que des schémas de sécurité distincts affectaient les employés différemment, en fonction de leur sexe. Les actes de violence directe et les attaques cinétiques ont ciblé de manière disproportionnée les travailleurs masculins. En revanche, les agressions sexuelles et les violences fondées sur le genre ont principalement touché le personnel féminin.

Une stratégie de sécurité soucieuse de l’égalité entre les hommes et les femmes

En réponse, les spécialistes de la gestion des risques de sécurité ont mis en œuvre une stratégie sensible au genre pour assurer la sécurité du personnel. Il s’agissait d’évaluer les risques spécifiques au contexte dans une optique de genre afin de révéler les vulnérabilités propres aux hommes et aux femmes qui auraient pu être négligées dans les protocoles de sécurité conventionnels ne tenant pas compte de la dimension de genre. Le spécialiste a découvert que la masculinité qui prévaut dans l’environnement opérationnel a conduit les milices armées à considérer les travailleurs humanitaires étrangers de sexe masculin comme des espions potentiels ou des cibles ennemies, ce qui a contribué à des attaques directes. Les constructions locales de la féminité ont conduit les femmes étrangères à être harcelées et ont augmenté le risque de violence sexuelle.

En découvrant ces dynamiques de genre qui influencent la sécurité du personnel, l’organisation peut adapter les mesures de protection en conséquence. Elle a renforcé la sécurité des convois pour les cliniques mobiles à prédominance masculine dans les points chauds exposés à des menaces cinétiques. Les centres de santé fixes dont le personnel est principalement composé de femmes ont renforcé le contrôle du périmètre et des entrées pour dissuader les assaillants potentiels. Ce cas montre comment l’application de l’analyse de genre permet aux groupes humanitaires d’aller au-delà d’une approche centrée sur les femmes et de mettre en œuvre une gestion de la sécurité sensible aux menaces qui pèsent sur les hommes comme sur les femmes.

Conclusion

Cette étude de cas montre que les stratégies de sécurité pour le personnel humanitaire dans les situations de conflit devraient adopter une perspective sexospécifique. Si les femmes sont généralement plus exposées aux risques de violence sexuelle, l’évolution des espaces de combat entraîne également des risques différents pour les hommes et les femmes.

 

Guy Beaudry Jengu Jengu

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